Synthèse : le knowledge management

 

Proposition de corrigé.

Ce dossier avait été donné pour le concours blanc de décembre 2003

 

Le dossier comporte cinq documents qui invitent à réfléchir sur les rapports entre  savoirs et économie. Un article de fond de J.Michel à propos du "knownledge management » (2001) concerne plutôt le monde de l’entreprise. L’article du mensuel Alternatives économiques (septembre 2003) pose le problème du monopole dans l’édition. Seuls les trois autres documents concernent vraiment l'Education nationale, et deux  sont plutôt règlementaires : la notice d'aide au décompte des photocopies (2000) et une aide en ligne de la sous-direction de bibliothèques, concernant les ressources électroniques, mise à jour le 9 janvier 2003. Le dernier document est un guide publié par le MEN (Chaumier et Sutter) en 1998, pour aider à évaluer le coût d’un projet de centre documentaire. Etant admis qu’une organisation doit gérer efficacement les échanges de savoirs, comment sera-t-elle régulée ? On trouvera dans le dossier d'abord des mises au point conceptuelles. Ensuite l'irruption du facteur économique dans le champ des échanges de savoirs pose de nouveaux problèmes à différents niveaux. Et enfin, même si ce dossier ne concerne pas spécifiquement le métier de documentaliste dans l'éducation nationale, on peut en tirer quelques conclusions professionnelles.

 

L'organisation des savoirs encyclopédiques et leur diffusion à un large public répondent à une nécessité ancienne, comme en témoignent des extraits d’archives fournis par J.Michel dans son article. Mais aujourd'hui, avec l'arrivée des TIC et de l'internet, cette question  se pose en termes nouveaux, selon cet auteur, et aussi d'après les autres documents, comme on le voit par exemple dans la documentation juridique et règlementaire publiée par le ministère.

 

L'article de J.Michel permet une clarification conceptuelle. Si les connaissances, traditionnellement, se construisent, elles sont indissociables aujourd'hui d'une somme d'informations, en augmentation exponentielle, qui s'échangent, et elles entrent dans un fonds documentaire, qui se gère.

 

De ce fait la question des savoirs se pose aujourd'hui en termes de producteurs, d'usagers et de flux. Elle doit donc emprunter ses modèles aux sciences économiques. Ce n'est pas seulement un problème de coûts financiers, mais d'organisation d'un espace d'échanges, donc d'ingénierie et de management, dans les termes de l’auteur du document 1, ou de « politique documentaire » comme on le dirait aujourd’hui. Auteur de l'article le plus développé du dossier, publié dans la revue Documentaliste - Sciences de l'information, J.Michel est un expert reconnu, également conseiller à l'école nationale des Ponts et Chaussées. La métaphore qu'il propose pour  rendre compte de cette économie cognitive est l"infopolis", c'est-à-dire le développement organique d'une ville.

 

Il en découle une série de problèmes au niveau organisationnel et collectif, qui se posent  toutefois à des niveaux différents.

 

C'est d'abord un problème de gestion globale d'une entreprise, dont les ressources cognitives constituent un part essentielle de richesse voire de "puissance de feu". Parmi les facteurs de réussite déclinés par J.Michel, on trouvera l'intégration de la démarche managériale, la maîtrise des TIC, à condition que soit adoptée un langage  commun au sein de l’organisation. Cet auteur, qui n'est d'ailleurs pas sûr d'innover, insiste aussi sur le facteur humain : les savoirs sont efficacement partagés si l'entreprise a une culture et des valeurs communes.

Marc Chevallier, dans Alternatives économiques, indique clairement quel est son engagement dans le choix du titre  "Main basse sur l'édition". Son article évoque  le projet du groupe Hachette de rachat de la branche éditions de Vivendi. L’auteur conteste, d'un point de vue éthique et citoyen, cette opération de concentration verticale de toute une filière, qui placerait sous la coupe d'un unique groupe  toute l'offre des manuels scolaires.

Mais l'impact de l'économie dans la gestion de l'information se pose aussi, dans les entreprises, en termes juridiques et financiers. La mise en ligne pose la question complexe des droits d'auteurs, d'où une veille juridique mise en place au ministère (note de Mme Gadini, chargée de mission). Et les établissements sont astreints par contrat, selon des règles précises définies dans une notice officielle, à reverser des droits à la SAEN par l'intermédiaire du CFC. Enfin une structure documentaire efficace a un coût (document 5).

 

Sur le plan professionnel, quelles conclusions tirer ? D'abord la nécessité pour toute entreprise, y compris les établissements scolaires, de fournir une information précise sur ces questions. La notice d'aide au décompte des photocopies se complète d'une affiche apposée près des machines. Les enseignants doivent être informés des limites de leurs droits en matière de copies d'ouvrages. De même la mise en ligne de documents électroniques, la construction de sites web, nécessitent des informations juridiques minimales.

 

Plus largement, la restructuration d'un centre documentaire requiert une méthodologie et une étude préalable des coûts, d'où la collection des guides publiée par le  Ministère. Y figure l'idée que certains travaux gagneraient, d'un point de vue de gestion,  à être sous-traités par des entreprises extérieures.

 

Encore plus largement c'est l'exposé de J.Michel dont une partie du titre  "réinvention de la roue", rappelle ironiquement, que le défi est ancien. Cet auteur conclut utilement qu'au-delà de la problématique économique, le facteur humain et la question du "sens à donner" à la gestion collective des connaissances sont incontournables.

 

Environ 840 mots

 

Commentaires :

 

En rouge, la problématique. Ici j’ai opté pour une phrase de type interrogatif.

En bleu l’annonce des parties, qui gagne à être reprise à peu près dans les mêmes termes au début de chaque partie

En vert, une expression qui signale qu’on passe à la conclusion.

En orange, je me suis permis une liberté. Le mot « politique documentaire ne figure pas dans ce dossier, dont les textes ne vont pas au-delà de 2003. Mais le knowledge management semble bien le modèle de cette « politique », jusqu’à la métaphore de l’infopolis (étymologie commune : la polis, la cité grecque). C’est une façon d’actualiser le propos de ce dossier, même si la règle stricte nous interdit de mettre dans la synthèse des notions qui ne sont pas contenues dans le dossier.