Méthodologie de la note de synthèse

 

Contexte :

séance n°1 le 17 septembre 2008 – note de synthèse – CAPES interne de documentation – J-Marc Muller)

 

Ci-dessous deux conceptions différentes de la production attendue. La première figure dans le rapport du jury 2008 et requiert de ce fait toute notre attention. La seconde est ma proposition de formateur. Elle s’inspire des principes méthodologiques  qui ont fait jusqu’ici consensus… et que l’on retrouve d’ailleurs dans les recommandations du rapport 2008. Au-delà de cette contradiction, un peu déstabilisante pour les candidats, on pourra dégager les invariants qui assureront au mieux la réussite de l’exercice. Il ne faut pas en majorer la difficulté.

 

Le corrigé proposé dans le rapport du jury

 

Précision : ce n’est pas un corrigé entièrement rédigé ; de ce fait une certaine ambigüité demeure quant à sa valeur de « produit fini », selon le sens qui est donné à la présentation : la note elle-même ou les éléments qu’elle devrait contenir.

 

 

Pour le sujet de cette année, la note de synthèse pouvait utilement comporter les éléments suivants.

 

Introduction

L’importance accordée à la lutte contre l’échec des élèves ; l’école affichant une volonté de mener ses élèves vers la réussite (concepts analysés par de nombreux spécialistes ès sciences de l’éducation).

Mais comment définir ces termes clés ? De quelle réussite parle-t-on ? Quelle valeur accorder à l’échec ou non réussite ? Le terme de « cuisant » souvent associé à celui d’échec peut-il permettre de comprendre la dimension plurielle de ce concept?

 

Développement

 

« La loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’école votée en 2005 et à travers elle, la définition du socle commun des connaissances et compétences, la note de vie scolaire, la notion d’accompagnement éducatif tendent à mettre l’éducatif et sa relation avec l’enseignement au coeur des débats actuels de l’Education Nationale. En même temps la complexification des systèmes d’information exige une éducation à la maîtrise de l’information tant auprès des élèves qu’auprès des enseignants.

Les quatre documents présentés dans le dossier tentent de faire le point sur le rôle de ce que l’on appelle la vie scolaire – notion complexe et évolutive dans le temps - dans la réussite des élèves.

Le document n°1, « circulaire du 02/06/1982 » fondatrice du concept de « vie scolaire » rappelle trois supports de l’action éducative dans les collèges que sont le foyer socio-éducatif, l’association sportive et le CDI, lieux de responsabilisation et d’autonomie des élèves. Ce premier texte, circulaire officielle précisant les objectifs pour la vie scolaire dans les collèges, se caractérise par sa date -1982 -, date rappelée dans l’article à paraître en 2007 (la page consultée en juillet 2007 ne permet pas de savoir si le texte est réellement paru).

Le document n°2, article tiré du site personnel de Jean-Pierre Obin, inspecteur général de l’Education Nationale tente de définir cette notion de vie scolaire et d’en faire le lien avec l’éducation puis d’établir des relations entre l’éducation et la pédagogie.

Dans le document n° 3, issu de l’ouvrage « les contenus de l’enseignement secondaire dans le monde : état des lieux et choix stratégiques » écrit pour l’Unesco par Roger-François Gauthier, dans lequel il s’étonne notamment de voir que la question des contenus d’enseignement soit peu abordée, « éternels oubliés des politiques éducatives ».

L’auteur s’interroge donc sur le bien-fondé de la structuration en disciplines qui caractérise l’enseignement secondaire, notion ambiguë dont il fait un portrait à charge et partiellement à décharge.

Enfin, le document n°4, publié dans le cadre de la liste Enseignant-documentaliste, a donné lieu à un échange entre enseignants et le chercheur, André Tricot qui nous invite à réfléchir sur le besoin d’information et surtout sur la prise de conscience de ce besoin.

 

La lecture de ces quatre documents nous incite à nous interroger sur la pertinence des formes de l’enseignement traditionnel et de ses contenus tout en intégrant l’impact d’une société tournée de plus en plus vers l’information et la généralisation des pratiques éducatives au sein des établissements scolaires. Plusieurs pistes de réflexions sont envisagées à la lecture des documents de ce dossier : l’évolution de la notion de vie scolaire, sa singularité française dans l’apparition et le développement de métiers de la vie scolaire, les différentes possibilités de transmission du savoir et la nécessaire maîtrise de l’information. »

 

Ces approches sont bien entendu finalisées par la lutte contre l’échec scolaire.

 

Une autre réflexion est suggérée par cet ensemble de documents : comment ces différents textes, dans lesquels le documentaliste est si peu présent, peuvent le conforter dans ses missions et le bien fondé de sa présence dans l’école d’aujourd’hui ? (590 mots)

 

Mon corrigé appuyé sur la méthodologie antérieure

 

La question de la réussite pour tous  est aujourd’hui un réel défi à relever pour une école démocratique. Il est inscrit dans la loi d’orientation de 2005,  et le « socle commun » (décret de 2006) confirme cette orientation. Autour de ce thème le dossier réunit quatre textes : un extrait d’une circulaire de 1982 portant sur la vie scolaire, un article en ligne de J-P. Obin développant le concept d’éducation, à paraître en 2007, une réflexion sur les disciplines (extrait d’un ouvrage de J-P. Gauthier), et enfin une contribution de A.Tricot à la revue Argos (N°36) sur la question de l’information. Comment l’idée de réussite conjugue-t-elle aujourd’hui les objectifs d’éducation et d’enseignement ? Le dossier permet d’abord de contextualiser cette question. A travers une réflexion théorique, il aide à dépasser certaines oppositions. Enfin  il interpelle la pratique professionnelle de tous les enseignants.

 

 

Le dossier propose d’abord un extrait d’une circulaire parue en 1982 qui correspond à une phase de rénovation impulsée par le Ministère Savary.

Ce texte atteste la montée en puissance d’un concept : la « vie scolaire », en toris lieux institutionnels : le FSE, l’association sportive et le CDI. Dès 1982, notamment dans la partie concernant le CDI, ce texte évoque la conciliation difficile d’un apprentissage du travail avec des objectifs éducatifs plus larges.  En 2007, l’enjeu de la vie scolaire revient en force dans la contribution de J-P. Obin, qui y voit non seulement des contraintes organisationnelles, mais l’envisage dans une visée éducative, impliquant une pédagogie. Dans le même esprit, l’apport de J-F.Gauthier, à contre courant d’une certaine tradition de découpage disciplinaire, plaide pour une approche plus culturelle des savoirs. Quant à Tricot, il réfléchit à la recherche d’information dans un CDI à l’ère des réseaux.

 

 

Chaque auteur aide à penser la complexité de la notion de « vie scolaire .

Selon Gauthier, c’est l’analyse historique qui permet de relativiser la domination des disciplines. C’est une spécificité française, mais l’auteur en souligne l’ambiguïté : une certaine confusion perdure entre la discipline comme « musculation » de l’esprit, et comme découpage du savoir, selon des limites contestables.

L’article d’Obin, sous sa version intégrale destinée à paraître en 2007, reprend ce point de vue historique, en soulignant que les objectifs éducatifs au sens large sont premiers dans la plupart des systèmes éducatifs, et qu’il n’y a pas opposition rédhibitoire  entre enseignement et éducation. Cet enjeu éducatif doit cependant être repensé dans le cadre actuel. Si le concept de vie scolaire pointe depuis 1890 une série de normes spécifiques à l’institution école, ces normes doivent être redéfinies, dans la mesure où l’école scolarise la masse, et par là s’ouvre au social. L’apprentissage des normes n’exclut pas la pédagogie, voie ouverte par l’éducation nouvelle qui a valorisé l’erreur. Mais la conjoncture, selon Obin, fait apparaître ses limites. Les incivilités relèvent de la faute, qu’il faut socialement sanctionner.

Si les enjeux éducatifs sont inséparables de la pédagogie et des apprentissages, la mission propre au documentaliste, qui initie les élèves à l’information, est aussi concernée. De ce point de vue, l’apport de Tricot est décapant. S’il ne récuse nullement les aspects techniques, il met en avant la « prise de conscience » du besoin d’information. Or celui-ci a été peu explicité jusqu’ici, et Tricot énonce un paradoxe : ce besoin d’information n’apparaît fortement que chez celui qui possède déjà des connaissances. Cette thèse critique une certaine conception techniciste du métier de documentaliste.

 

 

Les apports des quatre textes invitent donc à donner de la substance à la notion de « vie scolaire », présente dans la circulaire de 1982. Il ne s’agit pas seulement d’organiser la vie collective, mais bien d’éduquer. Elle permet ainsi d’articuler les deux objectifs d’éducation et d’enseignement. Ainsi se trouve éclairée cette notion de réussite qui apparaissait dans le titre du dossier.

La spécificité du temps et de l’espace scolaire est ainsi bien marquée, dans la ligne de pensée de Hannah Arendt, citée par O. La fermeture de l’école sur un corps constitué de disciplines segmentées est récusée au profit d’un apprentissage de la vie en société. Ainsi se trouve valorisée la pédagogie, comme forme particulière de la relation aux éduqués, exigeant des compétences professionnelles. Plus spécifiquement, le CDI est un nœud dans un établissement où se croisent ces enjeux, dans un contexte nouveau. Le texte de 1982 n’envisageait l’initiation aux TICE que « le cas échéant ». Leur développement en 2008 invite à les intégrer dans cette approche éducative humaniste et globale, dans l’esprit du « socle ».

751 mots

 

Remarque :

cette proposition comporte 160 mots de plus que celle du rapport. Trois pages manuscrites de copie d’ examen en écriture cursive normale font entre 800 et 900 mots.

 

 

Rappel :

 

Les sujets donnés aux sessions antérieures sont désormais accessibles en format PDF, à l’adresse suivante :

http://savoirscdi.cndp.fr/metier/prepconcours/capesinterne.htm