CAPES DOC  (contexte : préparation à l’épreuve de note de synthèse en 4 séances)

Le réflexe-réseau, une logique fonctionnelle

pour le professeur documentaliste

 

 

Fiche méthode

La réussite de la note de synthèse ne dépend pas seulement d’un savoir faire technique, mais d’une connaissance des concepts qui fondent le dossier, ainsi que l’énoncé de la problématique imposée. C’est ce que j’ai essayé de faire pour le sujet 2006, qui fera l’objet de notre 2°séance ce 8 octobre 2008.

 

CAPES DOC INTERNE - fiche proposée pour la préparation à la session 2009

Analyse du thème imposé et étude conceptuelle

(qu’est-ce que je sais sur la question ?)

 

Le concept de réseau :

Voir le sens dans le dictionnaire Robert.

Mot polysémique : « réseau à mailles très larges », d’un mot latin « rets », qui veut dire « filet ». Puis ensemble de lignes, de bandes, enchevêtrées, d’où toutes sortes d’application technologiques : réseau de barbelés, organisation clandestine (le réseau Alliance et la Résistance, puis à notre époque : « ensemble des lignes, des voies de communication, des conducteurs électriques, des canalisations qui desservent une même unité géographiques », et enfin « ensemble d’ordinateurs et de terminaux interconnectés pour échanger des informations numériques ».

Dans les deux sens modernes, apparaissent des « attributs » du concept (en empruntant le terme « attribut » à Britt-Mari Barth)

- la dimension stratégique (qui possède le réseau a le pouvoir : exemple, la Lyonnaise des Eaux, les sociétés autoroutières, France Telecom) – concept associé : la politique documentaire : le documentaliste participe à une gestion du réseau qui touche au « pouvoir décisionnel », au « pilotage » d’un établissement (vu la masse d’information, leur « flux », la puissance de l’outil)

- le cyberspace : les réseaux numériques n’ont plus de territoires spécifiques ; le terme « site », qui vient de la géographie est trompeur ; un site internet est certes physiquement géré par un webmaster dont l’ordinateur réside à un endroit X ; mais il ne fait que construire dans un espace virtuel, géré par un fournisseur d’accès (Orange), ou un « opérateur » : Yahoo, Google,  qui sont des entreprises sans territoire, qui n’existent qu’en tant que « réseaux » -concept associé : l’intranet – l’internet ; les ENT ; les droits d’accès, les filtres, les questions juridiques,  les droits d’auteur, etc.

Le « réflexe » pourrait évoquer un « habitus » professionnel, des habitudes « incorporées » ; il renvoie plus bas à « culture professionnelle » (par exemple : rechercher des informations en ligne, et les mettre en ligne). « Fonctionnelle » peut renvoyer au « faire » professionnel, par opposition à « l’être », l’être étant plutôt visé par le terme de « professeur ». En clair, le documentaliste est un enseignant (donc il transmet aussi des savoirs, en passant par des pédagogies), mais le réflexe-réseau interroge davantage sa PRATIQUE : les compétences techniques et les connaissances théoriques en TICE sont importantes, mais plus encore ce que le documentaliste en FAIT et qui le construit professionnellement. D’où ce terme de « logique » : un ensemble de pratiques qui vont de soi, qui « coulent de source », et qui construisent le praticien comme sujet professionnel. De ce point de vue, le concept de « pratique » s’oppose à celui d’activité. Cette dernière « occupe », mais ne construit pas l’identité de qui l’effectue.

En se fondant aussi sur les pistes données pour la réflexion personnelle, on peut avancer l’idée de « dimension stratégique » au cœur d’une « culture ».

Le concept de « stratégie » évoque, dans le vocabulaire militaire, un plan de bataille en vue de gagner. Inversement se tromper de stratégie, c’est s’exposer à perdre sur un terrain essentiel. 

Le concept de « culture » renvoie ici à une dimension « englobante » : on « baigne dedans » : cette dimension englobante est plus importante que la « connaissance de » (autre sens du mot « culture ») ; la culture, ici, c’est un ensemble de comportements intériorisés, « incorporés », qui sont induits par les réseaux. Paradoxalement, les connaissances déclaratives théoriques peuvent venir après.  Exemple dans un autre domaine : je peux baigner professionnellement dans le «socio-constructivisme » sans avoir lu Vygotski.

Il convient de compléter cette approche à partir du mot français « réseau » par l’histoire de l’internet, qui est anglo-saxonne. Réseau = « net », le filet (en allemand, das Netz). Métaphore associée : le Web, traduit en français par les puristes : la TOILE.  Sur l’invention de l’internet, voir les pages de mon site personnel sur « informatique et apprentissage », notamment le « roman du maccintosh » et la notion d’hypertexte.

Bibliographie :

Un inconditionnel des réseaux numériques :

- Pierre Levy, par exemple Les technologies de l’intelligence (La Découverte, 1990, Points Seuil)

Des approches critiques, mais qui fournissent les concepts :

- Philippe Breton, Le mythe de la communication : le village planétaire, La découverte, 1995 (édité en poche) développe un point de vue critique, mais comporte une histoire des technologies de l’information.

- Dominique Wolton : Internet et après (2000), L’autre mondialisation (2004) ? Il faut sauver la communication (2005)

Voir une interview de Dominique Wolton dans Le Monde du 30 janvier 2007 sur ce site avec un commentaire (http://pagesperso-orange.fr/j-marc.muller/Wolton_site.htm)

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