En bref

Spécial Semaine de la Presse – 24 mars 2009 : qu’est-ce qu’une information pour enfants à partir du cycle 2

 

 

Sur ces  pages, je reconnais faire la part belle au Petit Quotidien. Forcément puisque j’y suis abonné. Mais c’est un bon petit journal, pas bébé du tout. La preuve, le numéro  de ce mardi 24 mars, en pleine Semaine de la Presse.  La une est consacrée aux enfants colombiens de la région de Mundo Nuevo, dont le rôle est tellement pris au sérieux à l’école, qu’ils apprennent à leurs parents à protéger le páramo. Un des critères (multiples)  de pertinence d’un média pour la jeunesse, de presse ou de littérature, ce pourrait être l’apport d’une information authentique, pour le lecteur adulte autant que pour les enfants. La fiche découverte, construite professionnellement, en 5 petits articles et 6 photos informatives, m’a appris ce qu’est le pàramo en Colombie.  Voilà qui change un peu des livres miroirs d’enfances... de classes moyennes,  des « loups sentimentaux » et autres variations sur le Petit Chaperon rouge. Jacques Levine, avec Michel Develay,  insistait de son vivant sur l’intérêt d’évoquer avec  des enfants les découvertes scientifiques et les innovations techniques pour la construction de leur personnalité, et on pourrait d’ailleurs remonter plus haut dans la tradition pédagogique,  jusqu’à L’Emile de Rousseau, et son éloge de Robinson Crusoë. Et les aléas de la Poste me font réceptionner aujourd’hui mardi seulement le numéro de lundi consacré à la Semaine de la Presse dans l’école.  Un concours est lancé pour réaliser un Petit Quotidien sur le thème : l’histoire extraordinaire d’un animal de ton entourage. A l’appui, une fiche découverte sur les composantes de la une et du journal, qui n’apprendra rien aux collègues habitués à travailler sur le média presse écrite d’information, mais utile pour les débutants… et bien sûr pour les élèves. A conserver et à transférer sur d’autres journaux, y compris pour adultes, car la presse écrite d’information ne se limite pas au Petit Quotidien !

Voici comment le Petit Quotidien définit le páramo : Une eau lointaine ( texte 1) : c’est une « réserve d’eau » naturelle qu’on trouve seulement dans les Andes  (mot surligné, et expliqué dans les « mots difficiles : chaine de montagnes qui traverse toute l’Amérique du Sud) Comment ça marche ? (texte2) Les petites plantes du páramo sont presque toujours dans les nuages. Leurs feuilles attrapent les gouttes d’eau. Cette eau passe dans le sol et ressort plus bas sous la forme de sources puis de rivières. Elles permet aux millions d’habitants des vallées (mot surligné et expliqué : creux entre deux montagnes) de boire. La définition est complétée par Scoope : « Les enfants protègent le paramo, un paysage très rare. On ne le trouve qu’à plus de 3200 mètres de haut, et seulement dans 3  pays : la Colombie, l’Equateur, et le Venezuela ». Une carte à l’appui permet de situer ces trois pays sur un planisphère mondial.

Lire l’extrait de Jacques Levine et de Michel Develay

Lire la définition savante du páramo

 

 

 

Extrait de Jacques Levine et Michel Develay

Il ne faut pas oublier que, récemment encore, apprendre avait un sens très concret qui s’est perdu : acquérir des outils pour lutter contre l’adversité et rendre la vie plus vivable D’où une pédagogie naturelle par le contact physique dans les villages et les cités avec des ouvriers des artisans, des commerçants. La proximité avec les métiers a longtemps tenu lieu d’école au sens fort du mot.
Dans le même ordre d’idées, on peut observer que trop peu d’enseignants savent restituer les élans émotionnels, les étonnements, les démarches conquérantes ou dépressives qui ont fait vibrer les découvreurs. On ne tient pas assez les enfants au courant des toutes dernières découvertes qui se font dans le monde en matière de médecine, d’aviation, d’architecture... Certes, on ne considère plus les enfants comme seulement des machines à apprendre. Nous n’ignorons pas l’existence des itinéraires de découvertes, tout ce que peuvent apporter les méthodes dites actives, les travaux personnels encadrés, les stages en alternance. Mais la terreur qui pèse sur les enseignants de maintenir les élèves dans leur univers enfantin et de transmettre des savoirs au rabais, les empêche de faire du Vygotski, c’est-à-dire de rechercher la zone proximale de développement, ni trop en deçà, ni trop au-delà, des capacités d’assimilation de ces enfants. Probablement le grand coupable est-il la primauté donnée à la place de la technicité et au formalisme dans les apprentissages.

(extrait d’une intervention à l’IUFM de Paris sur le thème de la motivation, le 2 février 2004

Le páramo dans l’Encyclopédia Universalis (si le projet est d’aller plus loin que l’info du jour, une vérification est nécessaire)

Dans les Andes septentrionales humides, de l’Équateur à la Colombie et au Venezuela, le páramo est une formation végétale d’altitude; on le trouve entre 3 200 et 4 200 mètres dans les étages subalpin, alpin et nival des botanistes. On distingue plusieurs types de páramo suivant la température et l’humidité. Néanmoins, à altitude et à latitude égales, les températures y sont inférieures de 4 à 5°C à celles des Andes sèches au sud de l’Équateur. Le páramo arbustif fait transition avec la selva nublada. On y trouve des polylepis, des Weinmannia sp., des buddléia, des séneçons mêlés de bambous (chusquea) et des fougères. Les sols humiques sont riches en matière organique; les tourbières sont à sphaignes. Dans les secteurs plus secs, où les sols s’égouttent bien, on peut, après défrichement, cultiver de la pomme de terre, de l’orge; les pâturages à bovins sont souvent envahis par des bambous et des fougères. Le páramo d’altitude, parfois plus sec, où les températures moyennes sont de l’ordre de 5 à 6 °C, où les gelées nocturnes sont fréquentes, forme une prairie à graminées, piquetée de séneçons et de frailejones (espeleta), plantes de 1,5 mètre, aux grandes feuilles laineuses. Les sols se développent sur d’anciennes moraines ou encore sur des cendres volcaniques récentes.

extrait de l’Encyclopedia Universalis, article de Olivier Dollfuss.