ATELIER DE PRESSE du 12 octobre à la BCD – Médiathèque, IUFM – Colmar.

De la revue de presse à la loi de proximité

 

Le petit groupe de professeurs stagiaires PE2 (7 participants) qui s’est prêté au jeu de la revue de presse, ce mardi 13 octobre 2009 à la médiathèque,  a été invité à  choisir des articles en fonction des centres d’intérêt de chacun. Ce choix s’est porté sur trois articles :

- dans les DNA de lundi 11 octobre la critique littéraire, par Marie Bartolomé, du roman de Valéry Giscard d’Estaing : La Princesse et le Président (Fallois/XO éditions) sous le titre   Love Story au Château   ;

- dans L’Alsace du 6 octobre, sous le titre Les proviseurs disent non, un article de Agnès Muller, qui donne la parole à des chefs d’établissement du Haut-Rhin, au sujet d’une expérimentation dans l’Académie de Créteil : la rémunération de l’assiduité aux cours en lycée ;

- dans L’Alsace du 12 octobre,  sous la rubrique « cliquer », un article non signé sous le titre : Téléphonie Le portable à l’école en question.

Le jeu a permis de réfléchir à une constante  du journalisme : la « loi de proximité ». En l’occurrence, pour deux choix, c’est la proximité « socio-professionnelle » de notre groupe avec les deux derniers sujets choisis qui semble avoir fonctionné. Pour le premier choix, c’est plus complexe : proximité « culturelle » (la présentation d’un ouvrage littéraire), mais peut-être aussi un zeste d’intérêt pour un sujet qui frise le fait divers (la rumeur d’une liaison de VGE avec une célèbre princesse !) ; dans ce cas proximité « psycho-affective » . Mais d’autres paramètres peuvent jouer , comme la proximité géographique, importante pour la presse régionale : ce sont les infos locales qui font vivre ces journaux !

C’est cette loi de proximité qui fait des lecteurs d’un même journal une sorte de communauté, mais pas vraiment homogène, traversée d’intérêts pour des sujets très variés. C’est particulièrement vrai pour les quotidiens régionaux : il leur faut satisfaire tout le monde, du trentenaire hyperactif au retraité, en passant par les  sportifs, les femmes au foyer, les responsables associatifs, les bac+8 et les sans diplôme…

Sur le plan pédagogique, il y a là de quoi réfléchir. Comment faire pour qu’une classe devienne une « communauté de lecteurs » ? Comment les lectures, littéraires ou non,  vont-elles faire grandir intellectuellement les enfants, et en même temps créer du lien social dans la classe et dans l’école ? L’exercice de la revue de presse peut y contribuer.

Sur la photo, des unes du Petit Quotidien (un journal qui paraît chaque jour, lisible dès 6 ans) parues à la même période. On voit que les choix de la rédaction ne vont pas forcément dans le sens attendu , selon lequel les enfants de cet âge s’intéresseraient avant tout aux animaux. C’est certes un thème récurrent, et c’est le cas pour le numéro du 6 octobre qui évoque la protection d’une espèce rare de requins. Mais le numéro du 3 octobre titrait sur les récentes catastrophes naturelles sur des îles d’Océanie et d’Asie. Et celui du 8 octobre décrit une merveille technique : des éoliennes qui flottent sur la mer. Quand on sait que les thèmes abordés par le Petit Quotidien sont souvent anticipés par une démarche à l’anglo-saxonne : enquêtes régulières auprès d’un panel de petits lecteurs, on voit que les enfants lecteurs de presse sont attirés par des sujets aussi ouverts que ceux qui retiennent les adultes. Alors, la loi de proximité appliquée au lectorat enfantin est-elle tout compte fait si différente ?

Il n’est donc pas interdit de penser que l’accompagnement en classe des jeunes lecteurs de presse peut aider à les faire grandir !

Merci aux PE2 qui ont participé à cet atelier. Un autre est prévu prochainement, et le thème pourrait être la photo de presse, comme support d’apprentissage. Si vous êtes intéressé(e) par la production d'un journal pendant la Semaine culturelle, signalez-vous à J-Marc Muller et Michel Lambinet, formateurs responsables de ce projet.