Problème N°13

 

Le mail avant l’ordinateur

 

 

 

A la recherche d’un genre de presse narratif écrit dans la langue journalistique du siècle dernier, je tombe le « Courrier de Paris », dans le Monde illustré du 20 décembre 1862. Sous le titre : Le dîner télégraphique de la comtesse ***, j’ai trouvé ce récit assez drôle du chroniqueur mondain Jules Lecomte. Certaine comtesse donnait un dîner de 25 couverts faubourg Saint Honoré. Les invités formaient un groupe assez cosmopolite : « une sorte de carte géographique individuelle ». Etait représentées notamment la Russie, l’Autriche, la Turquie, l’Italie, l’Espagne, et aussi la France, par un  tiers seulement des convives. D’où l’idée soumise par la comtesse à l’assistance en cette année 1862, où le télégraphe était la pointe fine des nouvelles technologies  : « Voici du papier ; - chacun de vous va écrire une, deux, dix dépêches, s’il le veut, n’importe à qui, n’importe où. Mes gens sont prêts à porter le tout aux agences télégraphiques ». Aussitôt dit, aussitôt fait. Le résultat dépasse les espérances : des réponses dans un laps de temps record, de l’ordre d’une heure et demie, reviennent des quatre coins de l’Europe. La fin de l’histoire est assez croustillante. La voici citée dans le style de la chronique mondaire de l’époque.

 

«  Vers 10 heures il arriva une avalanche de réponses. La princesse fit la distribution elle-même comme un vaguemestre de régiment. Chacun s’en fut dans son coin avec son lot. Il y eut quelques échanges de confidences entre les intéressés ; ici un malade dont on recevait de bonnes nouvelles – là une personne aimée… qui était prise en flagrant délit de distraction.  C’est ainsi par exemple que de Berlin il fut répondu (qu’on le sache là-bas et qu’on tremble !) par un valet de chambre imprudent en l’absence de son maître ; que celui-ci était parti chasser chez quelqu’un… où il lui était formellement défendu d’aller… à cause de quelqu’une ! – C’est ainsi encore qu’un autre dame apprit que son mari était parti le matin même de Vienne pour Paris où il n’était pas attendu avant huit jours… ce qui fit beaucoup pâlir la dame ; la joie sans doute que lui causait cette aimable surprise !

Une des convives parisiennes n’avait pas expédié sa dépêche si loin. Elle avait laissé son mari, souffrant d’un fort intempestif rhumatisme, dans un petit salon tendu en damas turquoise, rue de Grenelle-Saint-Germain. Elle avait écrit :

« Comment vas-tu, cher Albert ? on te regrette ici. Tout annonce une soirée charmante ; mais je quitterai tout le monde pour te rejoindre à onze heures ; réponds-moi que ça te fera plaisir, mon bon chien !

Ta Clémentine »

La réponse à cette lettre, d’un faubourg à l’autre, était évidemment la première qu’on dût attendre ! Pourtant on obtint les réponses de Londres, Florence Madrid, Constantinople, Vienne et St-Petersbourg, avant que le bureau de la rue de Grenelle ne transmît la sienne. Très-inquiète, la comtesse en arriva peu à peu à ne prendre aucun plaisir dans ce qui animait tout le monde  « Il faut bien que mon pauvre Albert soit bien souffrant ! » - disait-elle à sa voisine de table, en lui racontant le bon mouvement auquel elle avait cédé.

En mode image la fin de l’histoire.

 

Le problème :

 

Comparez le temps des verbes et l’utilisation des pronoms dans les deux passages surlignés en jaune et dans la suite de la chronique (jusqu’à « avait cédé »). Quel double principe régit ces deux choix énonciatifs ?

 

Application

 

Activités

Production d’écrit 1

 

Le passé simple a quasiment disparu des genres de presse narratifs. On le constate par exemple en lisant ce 13 mars dans le Petit Quotidien une biographie du coureur autrichien Michael Schumacher. Vous la trouverez ci-dessous dans la colonne de gauche. Dans la colonne de droit, j’ai ajouté d’autres éléments d’information sur la vie de ce grand coureur automobile, glânés dans d’autres parties du petit journal. Je vous propose de réécrire cette biographie en faisant le même choix énonciatif que l’auteur de la chronique mondaire (donc des passés simples, mais pas seulement !) Autre contrainte : vous injecterez dans le texte toutes les données informatives supplémentaires.

 

La biographie

Les données supplémentaires

Comme son papa est patron d’un circuit, Michael commence à piloter un kart très jeune, dès 4 ans ! Il est alors le plus jeune pilote de kart allemand. Un journal de la région parle déjà de lui.

En 1975, il est déjà champion de son club ! Un homme d’affaires devine qu’il va devenir un grand champion. Il décide de l’aider et lui donne de l’argent. Cela va permettre à Michael de participer à d’autres compétitions de karting. Il gagne plusieurs fois le Championnat d’Allemagne.

En 1988, à l’âge de 19 ans, Michael commence à participer à des compétitions dans des voitures moins rapides que celles de Formule 1. Il y restera 3 ans, avant d’arriver en Formule 1.

Michael Schumacher a été un si bon pilote qu’il est devenu célèbre. C’est même l’un des sportifs les plus célèbres du monde. En Allemagne, on le surnomme le Kaiser, ce qui veut dit empereur. On dit aussi qu’il est une légende.

Michael Schumacher a 41 ans.

Il était en retraite depuis 3 ans.

Il a arrêté les courses fin 2006.

Il revient chez Mercédes, une écurie de son pays.

Il est le plus âgé des pilotes de F1 de l’année.

Il est né le 3 janvier 1969

Le pilote qui a le plus de points en fin d’année devient « champion du monde ».

Michael est marié avec Corinna et il a 2 enfants.

Son frère Ralph est aussi pilote.

La première victoire remportée par Michael est le Grand Prix de Belgique en 1992

Il a disputé 250 courses et il est monté 154 fois sur le podium.

Il a remporté 91 victoire : c’est un record.

Il a obtenu 7 fois le titre de champion du monde.

 

 

Production d’écrit 2

 

Rédigez un petit article documentaire sur le télégraphe de 1869 en 50 mots exactement, compréhensible par un petit lecteur de 8 ans.

 

Analyse

 

A partir de ce travail, essayez de définir les valeurs respectives :

 

a)      du passé simple, de l’imparfait et du plus-que-parfait dans un récit du genre produit en 1869 par Jules Lecomte

b)      du présent, du passé composé, des différentes formes du futur dans les genres de presse actuels