Solution du problème N°3 - retrouver le problème

 

Voir Hatier, pp. 58 et sv. : le type interrogatif. Puis voir mes solutions.

 

Des questions possibles à partir de cet article

 

-        Combien y a-t-il de litres d'eau sur la lune ? (1)

-        Est-ce que l'eau de la lune peut nous tomber sur la tête ? (2)

-        L'eau de la lune peut-elle nous tomber sur la tête ? (3)

-        Allons-nous être inondés (4)

-        A quelle équipe scientifique doit-on cette découverte (5)

-        Quelle sera l'incidence de cette information sur le programme spatial américain ?(6)

-        Qu'a-t-on découvert  ces dernière années d'aussi intéressant sur la lune ? (7)

-        Pourquoi cette découverte n'est-elle annoncée qu'aujourd'hui ?(8)

-        De quelles observations sont partis les scientifiques pour aboutir à cette conclusion ?(9)

-        Il  y a de l'eau sur la lune ?(a) Vraiment ?(b) Vous plaisantez !(c) (10)

-        Mon voisin me  demande si les journalistes ne nous prennent pas pour des idiots. (11)

 

 

1.     D'abord le sens et la communication !

 

Ces 11 phrases ont un point commun : elle expriment un questionnement. Avec la GMF et les auteurs de la grammaire Hatier, nous faisons le choix de privilégier le critère énonciatif. Ce qui compte d'abord, c'est le sens (aspect sémantique), dans une situation de communication (aspect pragmatique).

Nous pourrions faire un autre choix : privilégier la syntaxe (c'est ce que faisait souvent la grammaire scolaire). Mais nous envisageons l'apprentissage avec des enfants, et les enfants entrent toujours dans la grammaire par le sens, et par la situation de communication.

 

2.     Ensuite la morphosyntaxe

 

Prendre en compte la syntaxe, c'est envisager les  formes (morpho-) et l'ordre des mots (syntaxe).

 

De ce point de vue, nous sommes obligés de considérer que la phrase (11) est un intrus. En effet, prise dans son ensemble, c'est une phrase déclarative contenant une proposition subordonnée dite interrogative indirecte.

De ce fait elle se termine par un point. Mon voisin m'a bien posé une question : « est-ce que les journalistes ne nous prennent pas pour des idiots ? ». Mais c'est moi qui rapporte la question de mon voisin, comme un constat. L'interrogative indirecte est donc, sur le plan énonciatif, un cas de discours rapporté.

 

Dans la même logique, le troisième énoncé de (10) est une phrase de type exclamatif, non interrogatif.

 

Il reste donc toutes les autres « phrases » sauf 10b qui pose un petit problème. Il faut essayer de les classer selon des critères morpho-syntaxiques.

 

a) à l'écrit, elles sont toutes suivies d'un point d'interrogation : c'est un critère de ponctuation.

 

b) à l'oral, elles sont toutes caractérisées par une intonation de type « ascendant » ; ce critère permet de considérer que (10a) est bien de type interrogatif (à l'oral, la ponctuation n'est pas un critère)

 

c) d'autres critères s'ajoutent à l'écrit (pas nécessairement à l'oral) : la présence de « mots interrogatifs », et un certain ordre des mots.

 

3.     Un tableau

 

Le tableau suivant récapitule ces critères appliqués à chaque phrase, en distinguant « nature » des mots interrogatifs et fonction des groupes syntaxiques où entrent ces mots interrogatifs.

 

Mot

Nature

Fonction du groupe syntaxique

Ordre

1

Combien (d'eau)

déterminant interrogatif

Sujet ( le déterminant + le nom)

adv+inv.du sujet « il » de « il y a »  + sujet « eau »

2

Est-ce que

Locution adverbiale interrogative

Outil de l'interrogation totale

Est-ce que + ordre S+V

3

Pas de mot interrogatif

 -

-

S+V+reprise par le pronom « il » (=inversion complexe)

4

Idem

Idem

Idem

S+V+reprise par le pronom « nous » (= inversion simple)

5

Quelle

déterminant

COI (le déterminant +le nom)

COI(préposition + Det+nom)+V+S+COD

6

Quelle

Pronom !

Attribut du sujet « l'incidence »

Att+verbe « être » + sujet

7

Qu'

Pronom

COD (« quoi de si intéressant »)

COD (1°partie) + V+S(« on » = inversion simple)+ (COD 2°partie)

8

Pourquoi

Adverbe interrogatif

Complément circonstanciel

Adverbe-CC +S+V+pronom « elle » (= inversion complexe)

9

Quelles

Déterminant

COI (le déterminant + le nom)

De (= préposition) + COI (déterminant +nom) + V + S (inversé)

10a

Pas de mot interrogatif

-

-

Ordre de la phrase déclarative (mais point d'interrogation et intonation)

11

Est un phrase déclarative contenant une subordonnée interrogative indirecte

 

 

Il faudra vous aider de Hatier pp.60 pour bien comprendre le détail de cette analyse.

 

Mais c'est la conclusion qui est importante, et ce n'est pas si compliqué.

 

 

Il faut distinguer

-        l'interrogation TOTALE, qui porte sur l'ensemble de la phrase (critère énonciatif : la réponse sera oui ou non)

-        l'interrogation PARTIELLE, qui porte sur un constituant de la phrase (critère : celui qui répond reprendra ce constituant).

 

Dans ce cas on admettra que 2,3,4 et 10a sont des interrogations totales. 1,5,6,7,8,9 sont des interrogations partielles.

 

J'ai laissé volontairement de côté 10 b : « Vraiment ? ». Ce n'est pas une phrase. L'interrogation porte sur le modalisateur : l'adverbe « vraiment ». Réponse : oui ou non. Donc interrogation totale. Mais comme « vraiment » n'est pas une phrase, je préfère en rester à un cas particulier.

 

Ne jamais oublier que les langues préexistent aux grammaires qui les décrivent. Les grammaires, ce sont des modèles inventés pour comprendre leur complexité. Et de ce point de vue, elles sont toujours discutables.