Problème N°6  La solution

 

Questions de lexique

 

Dans la dernière partie du cours magistral sur le thème « comment les enfants apprennent à parler », j'ai défendu l'idée, avec Vygotski, que l'acquisition des concepts précède celle du lexique, et non l'inverse. De ce fait, l'apprentissage des mots nouveaux, qu'il ne faut pas négliger (c'est inscrit dans le programme de 2008), va de pair avec la « catégorisation ».

Catégoriser, c'est s'approprier les mots par des activités de tri, toujours à reconsidérer, car un même mot, du point de vue de son sens et selon le contexte, peut relever de plusieurs catégories différentes.

Vygotski, et à sa suite les didacticiens d'aujourd'hui, pensent que l'école a un rôle à jouer en apportant aux enfants des mots particulièrement efficaces pour opérer des catégorisations rentables. En s'appuyant sur la linguistique, ils s'intéressent surtout à deux propriétés du lexique.

Certains mots ont la propriété d'agréger d'autres mots, par associations d'idées. Ce sont les catégories schématiques ou fonctionnelles, ou plus communément les « thèmes ». Dans cette opération de catégorisation, sont rassemblés des événements ou des objets qui sont associés sur la même scène de la vie quotidienne ou des mondes que nous font découvrir nos lectures. J'ai donné dans le CM l'exemple du l'anniversaire (qui fait penser à gâteau, bougies, invitations, cadeaux, etc.)

D'autres mots regroupent des éléments qui se ressemblent et partagent des propriétés communes. Ce sont les catégories taxonomiques.

Les catégories taxonomiques sont particulièrement importantes pour les apprentissages, vu leur rentabilité, et leur caractère stable d'une personne à l'autre dans une même culture. Le programme de 2008 le reconnaît en conseillant aux maîtres d’apprendre aux enfants des « mots génériques ». Mais attention : ces apprentissages nécessitent d’abord des activités conceptuelles guidées.

Les catégories schématiques ont aussi leur intérêt, mais elles peuvent considérablement varier selon les expériences des personnes, l'étendue et la spécialisation de leur culture.

Les médias d'information pour enfants et les ouvrages documentaires peuvent aider efficacement l'apprentissage du vocabulaire, à condition de ne pas en rester à cette pratique aujourd'hui conseillée : le « mot du jour ».

 

Dans les articles suivants recopiés de la page « Sciences » du Journal des Enfants de ce jeudi 17 décembre , faites la liste des mots qui peuvent constituer des catégories taxonomiques. Ensuite, dans chaque texte, donnez un exemple de catégorie schématique, en indiquant les mots qui la composent ; vous indiquerez leur nature. Visionner la page.

 

Article 1

Les animaux disparus bientôt ressuscités ?

Les avancées de la science permettront bientôt de cloner des mammouths ou des Néanderthal. Mais faut-il le faire ?

Dans le film Jurassic park, des savants réussissent à cloner des dinosaures en récupérant l’ADN dans un moustique qui aurait piqué l’un de ces géants préhistoriques et aurait été piégé dans de la résine.

Cette expérience reste de la science-fiction. Au-delà de 100 000 ans, l’ADN est inutilisable. Or, les dinosaures ont vécu il y a 65 millions d’années.

Mais d’autres animaux préhistoriques, qui ont vécu à une période plus proche de nous, pourraient théoriquement être  recréés.

C’est le cas des mammouths. En Sibérie, certains de ces animaux ont été retrouvés dans le permafrost (terre qui reste tout le temps gelée). Les scientifiques ont pu y récupérer de l’ADN suffisamment bien conservé pour que son génome (l’ensemble de ses gènes) soit décrypté.

A partir de cette étape, il ne reste qu’un pas à faire pour modifier un embryon d’éléphant et en faire un mammouth.

 

Article 2

Où doit-on s’arrêter ?

Des scientifiques ont déjà annoncé avoir complété un décryptage du génome des mammouths et cherché désormais de l’argent pour entrer dans la phase du clonage.

Ce qui est théoriquement possible avec les mammouths, grâce à un embryon d’éléphant, pourrait l’être avec le tigrer à dent de sabre, grâce à un embryon de lion africain, avec le tigre de Tasmanie, grâce à un embryon de diable de Tasmanie, ou encore avec le dodo, grâce à un œuf de pigeon.

Recréer des animaux disparus, parfois en raison de la présence humaine, pourrait sembler une bonne chose. Mais il faut réfléchir aux conséquences de la réintroduction de telles espèces sur l’environnement. Et une autre question peut aussi être posée. Que doit-on faire du génome de l’homme de Néanderthal ? Il faut savoir qu’avec un embryon humain, son clonage serait encore plus facile que celui d’un mammouth avec un éléphant.

 

Article 3

La raison de leur disparition.

Il y a environ 15 000 ans, soit à la fin de la dernière période glaciaire, il y avait encore de nombreux animaux de grande taille – la mégafaune – en Amérique du Nord.

Parmi cette faune se trouvaient notamment des mammouths, des mastodontes, des castors géants, des chameaux… Plus de trente genres ou groupes d’animaux ont disparu.

Selon certains, cette extinction serait dûe à l’arrivée des premiers hommes. Pour d’autres c’est un météore qui serait à l’origine de al disparition de la mégafaune.

Des chercheurs se sont récemment penchés sur ce sujet en étudiant le crottin de ces animaux. Leurs résultats sont très intéressants. Il apparaît en effet que les mammouths et autres grands animaux ont commencé à décliner plus de mille ans avant l’arrivée des premiers hommes. Et c’est cette disparition progressive qui a entraîné des changements à grande échelle de la flore locale. Les arbres que mangeait la mégafaune se sont développés. Mais plus de bois a provoqué plus d’incendies.

Si on ne sait toujours pas pourquoi ces animaux ont disparu, on sait que les humains et les météores n’y sont pour rien.

On sait aussi que l’extinction d’une grande variété d’animaux peut avoir un grand impact sur l’éco-système.

 

Ces articles ne sont pas signés

 

 

 

Pour en savoir plus sur la catégorisation, voir CATEGO, Apprendre à catégoriser, Sylvie Cèbe, Jean-Louis Paour, Roland Goigoux, 2004, Hatier (fascicule conçu pour la maternelle, avec un imagier à photocopier et à découper, et une cinquantaine de pages de présentation pédagogique.