Solution du problème N°14

 

Le dernier problème de notre « jeu de grammaire » nous ramène du côté de la « grammaire de texte ». La grammaire Hatier consacre un chapitre (20, pages 207 et sv.) aux « types de textes » : cette notion recoupe en partie l’ancienne conception des « genres littéraires », mais en l’élargissant à des textes contemporains fictionnels et surtout fonctionnels. On distingue « classiquement », selon la grammaire Hatier, 7 principaux types de textes : NARRATIF, DESCRIPTIF, CONVERSATIONNEL, INJONCTIF, INFORMATIF, ARGUMENTATIF et POÉTIQUE . Cette typologie est due au linguiste Jean-Michel ADAM. Attention : on ne rencontre quasiment jamais un « type » à l’état pur, mais plutôt des « séquences textuelles », mêlant plusieurs types, avec des dominantes. Ainsi  le poème de Francis Ponge Les mûres (Le parti pris des choses) relève des types descriptif et poétique. Le fait divers du journal est un mixte entre type narratif et type informatif-explicatif.

Le type DESCRIPTIF

« permet de représenter un référent (personne, lieu, objets, actions, etc.) et de lui attribuer des qualités » (Hatier, page211). Cette grammaire insiste sur deux points :

- l’inclusion fréquente du descriptif dans le narratif

- corollairement, le caractère souvent minimal d’une description dans ces contextes inclusifs : à la limite, une phrase, voire un syntagme (un groupe de mots) ou même un simple adjectif peuvent être porteurs de la fonction descriptive ; bien entendu, pour que le « type descriptif » soit observable, il faut travailler sur des « séquences », c’est-à-dire sur des enchaînements de phrases.

L’organisation du type descriptif est plus libre que dans le modèle narratif et se présente comme une « arborescence » à partir d’un « hyper-thème ».

En prenant les textes donnés dans l’ordre sur la page « problème » :

 

Aubenas

 

 1

Aubenas

 

 2

Aubenas

 

3

Mon Quotidien

25 -03-2010

JDE

JDE

 

18-03-2010

hyper-thème

Le ferry

Mauricette

M.Médard

Une décharge

Un crabe

Allassane

valeur sémantique

Non animé

Animé humain

Animé humain

Non animé

Animé non humain

Animé humain

temps des verbes

présent de l’indicatif

 

Où l’on voit que la catégorie sémantique de l’hyper-thème peut être très différente : qu’il s’agisse d’un personnage ou d’un objet,  c’est le même fonctionnement typologique, alors que la tradition met le « portrait » à part. Du point de vue didactique, il en découle des conséquences : les principes sont les mêmes qu’il s’agisse de faire le portrait d’un personnage ou de décrire un navire ; de plus, l’approche traditionnelle du portrait (aspect physique, qualités morales) ne correspond qu’à une sous-catégorie de portraits, dont les modèles sont dans la littérature classique (La Bruyère au XVII° siècle – Flaubert au XIX°) : il n’est pas étonnant que ce modèle pose problème à des enfants du cycle 3 ! L’approche du portrait par la presse pourrait ouvrir, enrichir, et faciliter les productions des élèves. Mais cette réflexion va au-delà du jeu de grammaire

La tradition scolaire associe aussi la description à l’imparfait ; mais là encore,  c’est parce que les exemples étaient souvent pris dans des textes narratifs littéraires du patrimoine. Ici le type descriptif fonctionne avec le présent de l’indicatif, et c’est le cas le plus fréquent dans les écrits de presse.

Le principe organisateur du type descriptif est une arborescence. Sur une page de mon site, vous trouverez une fiche avec des cartes mentales qui présentent cette construction typique, et une application à l'analyse du personnage de Vitalis (Hector Malot, Sans Famille). Ce développement irait au-delà du programme spécifique de langue à maîtriser pour le CRPE.