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Le relevé des phrases à la forme passive.


Rappel

voir la grammaire Hatier, pp.46-47.

La phrase passive est une « forme de phrase », cumulable avec les « types ». Elle constitue le réarrangement d'une phrase à la forme active.

La phrase : « Des plongeurs ont été aidés par des dauphins » est une phrase déclarative à la forme passive, qui est le réarrangement de la phrase : « Des dauphins ont aidé des plongeurs ».

On voit que dans la phrase à la forme passive le complément appelé « d'agent » est le sujet de la phrase à la forme active.


Sur le tableau du problème N°4, les phrases à la forme passive sont surlignées en jaune. Pour la commodité, les lignes ont aussi été numérotées.


Question 1

Rappel : au concours, pour la question de grammaire à 4 points, les tableaux sont permis, et conseillés s'ils permettent de répondre plus clairement et plus rapidement.


N° de ligne

Forme

Analyse des formes verbales passives


1

Un mur était détruit

Les Allemands étaient obligés

Imparfait de l'indicatif

idem


3

Des dauphins sont utilisés

Présent de l'indicatif

4

La tombe d'un célèbre pharaon va être protégée

Elle vient d'être fermée



pour être remise en état

Futur proche de l'indicatif (avec l »auxiliaire « aller »

Passé proche de l'indicatif ( ave l'auxiliaire « venir de »

mode infinitif (impersonnel)

5

Un poisson a été filmé

Passé composé de l'in


Remarques

Les formes de la ligne 2 (édition du 3 novembre) n'ont pas été retenues. C'était un petit piège : la forme verbale « sont nés » n'est pas passive ; c'est le passé composé cu verbe « naître » à l'indicatif, forme active. Ce passé composé se conjugue avec l'auxiliaire « être ».


Question 2

« destruction » est un nom commun, dérivé du verbe « détruire ». Il s'agit d'une nominalisation, c'est-à-dire la transformation en un nom d'autre autre catégorie grammaticale, ici un verbe. On peut admettre avec beaucoup de linguistes que la transformation s'est faite « via » la forme passive.


détruire être détruit destruction


Souvent les nominalisations se font en ajoutant simplement un suffixe au radical du verbe : planter donne plantation, nettoyer donne nettoyage.

Mais la nominalisation peut se faire aussi à partir d'une forme étymologique, qui n'existe pas dans la langue. Ainsi destruction est fabriqué à partir du participe passé latin « destructum ».


Question 3

Où nous retrouvons la presse écrite. L'usage de la forme passive n'apparaît pas dans le programme de 2008. C'est un peu dommage : on constate que cette forme est fréquemment utilisée dans la une du Petit Quotidien, comme dans beaucoup de journaux. Pourquoi ? On peut avancer trois raisons :


a) « La tombe d'un célèbre pharaon va être protégée » : la partie soulignée est le « prédicat », c'est-à-dire en grammaire de l'énonciation la partie de la phrase qui contient l'information pertinente : non pas le fait qu'il y ait des tombes de pharaons, mais que l'une d'entre elles va bénéficier d'une protection à des fins de conservation. La forme passive permet ainsi de se focaliser sur une information lorsque cette dernière est portée par le verbe (en termes abstraits, lorsqu'elle concerne le « procès »


b) l'usage de la forme passive a un autre avantage : elle permet de ne pas indiquer l'agent de ce « procès » ; en effet une propriété du complément d'agent est son caractère facultatif. Pour des raisons tenant à l'économie (un titre doit être bref) le journaliste peut ainsi transmettre l'information, sans avoir à nommer le sujet, ce qui est incontournable dans la phrase active. Dans la phrase « des dauphins sont utilisés pour rechercher des bombes », l'agent n'est pas indiqué : il s'agit de plongeurs, mais ceci n'est pas un information très importante : elle va de soi. Inversement, dans la chapeau, on a une phrase à la forme active ; cette fois l'agent est exprimé : « des plongeurs ont été aidés par les dauphins » ; ici l'agent est exprimé, parce qu'il est porteur de l'information importante : une aide assurée par des dauphins.


c) on peut suggérer encore un troisième avantage de la forme passive : l'effacement de l'agent permet au journaliste de laisser dans l'ombre des informations qui n'ont pas lieu, pour des raisons diverses, d'être transmises. Par exemple, pour les petits lecteurs, il suffit sans doute le 2 novembre de rappeler que « les Allemands étaient obligés de vivre d'un côté ou de l'autre de ce mur infranchissable », sans qu'il faille leur expliquer « par qui » : évocation d'un agent politique (le pouvoir communiste), c'était là entrer dans un niveau de complexité que les rédacteurs ont choisi de ne pas aborder.


On le voit : les formes passives, après tout pas si complexes, ne sont pas les moins intéressantes à manipuler pour une formation à la lecture et à la production d'articles de presse.