Solution du problème N°6

 

C'était une question portant sur le lexique. Comprendre les règles d'organisation sémantique du lexique permet non seulement de construire un outil de regroupement autre que le dictionnaire, dont le principe organisateur est arbitraire, mais aussi de nous aider à mieux comprendre comment se structurent les apprentissages. On mémorise mieux des mots regroupés selon les deux principes « taxonomiques » et « schématiques » qu'un catalogue « à la Prévert » [1]!

 

Au concours, il faut viser la présentation la plus synthétique et la plus claire. Un tableau est souvent une bonne solution.

 

 

 

CATÉGORIES TAXONOMIQUES

CATÉGORIES SCHÉMATIQUES

 

Mot générique

Mots spécifiques

Mot vedette

Autres mots

Article 1

animaux (préhistorique)

dinosaures

mammouths

clonage

cloner, ADN, (animaux) recréés, génome, gènes, décrypter, modifier un embryon

Article 2

espèces  disparues

mammouth

tigre à dents de sabre

tigre de Tasmanie

dodo

homme de Néanderthal

 

idem

 

 

 

 

on peut ajouter :

 

environnement

 

 

 

 

 

 

 

 

scientifiques,

réintroduction, espèces

espèces vivantes

éléphant

lion africain

diable de Tasmanie

pigeon

homme

Article 3

mégafaune

mammouths

mastodontes

castors géants

chameaux

30 genres ou groupes d'animaux

les grands animaux

manger

crottin

 

 

 

Commentaires

 

Catégories taxonomiques

 

Travail un peu délicat. On s'aperçoit, en le faisant, que la construction des catégories oblige à bien comprendre le texte.

Le terme « espèces » comme nom de catégorie taxonomique n'est pas dans l'article, qui comporte « animaux ». Mais il me permet d'inclure les hommes. L'usage n'est pas de les désigner comme « animaux », ces derniers étant eux-mêmes définis comme « non humains ».

L'article 1 considère comme « animaux préhistoriques » les dinosaures et les mammouths. La pertinence scientifique de ce classement reste à démontrer, mais c'est alors une compétence encyclopédique, non linguistique, qui sera mise en jeu.

J'ai mis en couleur « 30 genres ou groupes d'animaux » parce que ces éléments qui spécifient « mégafaune » sont eux mêmes des catégories taxonomiques. Le principe apparaît comme récurrent : un mot spécifique  au niveau a peut redevenir générique pour un niveau b.

 

Catégories schématiques

 

Le terme « mot vedette » n'est pas scientifique. Il désigne le « mot de référence » qui construit la série par associations d'idées. La part subjective est importante, et on peut concevoir que les mots vedettes peuvent différer d'un locuteur à l'autre. Ceux des enfants ne seront pas toujours ceux des adultes.

Dans ma solution, je m'en tiens à des exemples, sans viser  l'exhaustivité.

Les linguistes retrouveront une notion familière : le champ lexical. C'est une simple question de point de vue. La catégorisation dite schématique vise l'explicitation d'une opération mentale. Le champ lexical est un regroupement de mots à partir d'un « corpus » objectif.

On remarquera enfin que la série est constituée de mots de nature hétérogène, ce qui n'est pas le cas des catégories taxonomiques ( en principe exclusivement des noms).

La construction d'un ensemble à partir d'une catégorie schématique n'est pas toujours possible. A partir du « clonage » on peut aisément en fabriquer un dans les articles 1 et 2. Pour l'article 3, la moisson est plus maigre.

 

Sur ces questions de classification qui mettent en jeu autant nos savoirs du monde que la langue, Umberto Eco a écrit un essai : Kant et l’ornithorynque. Et sur ce gentil animal, dont le classement est délicat, il existe aussi un album intitulé Mais où est donc Ornicar, de Gerald Stehr et Willi Glasauer.



[1] En souvenir du poème « Cortège » dans le recueil Paroles.