Solution du problème N°13

 

 

1.    La biographie de Michael Schumacher dans un livre d’histoire du XXIV° siècle (d'après une fiche découverte du Petit Quotidien du 13 mars 2010)

 

Comme son papa était patron d’un circuit, Michael commença à piloter un kart très jeune, dès 4 ans ! Il était  alors le plus jeune pilote de kart allemand. Un journal de la région avait déjà parlé  de lui. En 1975, il était  déjà champion de son club . Un homme d’affaires devina qu’il allait devenir un grand champion. Il décida de l’aider et lui donna de l’argent. Cela allait  permettre à Michael de participer à d’autres compétitions de karting. Il gagna plusieurs fois le Championnat d’Allemagne. En 1988, à l’âge de 19 ans, Michael commença  à participer à des compétitions dans des voitures moins rapides que celles de F1. Il allait y rester 3 ans, avant d’arriver en Formule 1. Michael Schumacher fut  un si bon pilote qu’il devient célèbre. Il fut même l’un des sportifs les plus célèbres du monde. En Allemagne, on le surnomma le Kaiser, ce qui veut dit empereur. On disait  aussi qu’il était une légende.

 

2.      La biographie enrichie avec les éléments supplémentaires

 

Michael Schumacher naquit le 3 janvier 1969. Comme son père était patron d’un circuit, Michael commença à piloter un kart très jeune, dès 4 ans ! Il était  alors le plus jeune pilote de kart allemand. Un journal de la région avait déjà parlé  de lui. En 1975, il était  déjà champion de son club. Un homme d’affaires devina qu’il allait devenir un grand champion. Il décida de l’aider et lui donna de l’argent. Cela allait  permettre à Michael de participer à d’autres compétitions de karting. Il gagna plusieurs fois le Championnat d’Allemagne. En 1988, à l’âge de 19 ans, Michael commença  à participer à des compétitions dans des voitures moins rapides que celles de F1. Il allait y rester 3 ans, avant d’arriver en Formule 1. Son frère Ralph devint également pilote. La première victoire remportée par Michael fut le grand prix de Belgique en 1992. Michael Schumacher fut  un si bon pilote qu’il devient célèbre. Il disputa 250 courses et monta 154 fois sur le podium. Il remporta 94 victoires : c’était un record. Il obtint 7 fois le titre de champion du monde. En Allemagne, on le surnomma le Kaiser, ce qui veut dit empereur. On disait  aussi qu’il était une légende. Schumacher épousa Corinna et eut deux enfants. Il arrêta les courses fin 2006. Mais à 41 ans, alors qu’il était en retraite depuis 3 ans, il revint chez Mercédès, une écurie de son pays. Il était alors le plus âgé des pilotes de F1 de l’année

 

 

Commentaire

Dans ces deux textes, nous optons pour une modalité énonciative : le système du récit. Cette expression technique désigne une façon de raconter les événements sans intervention du narrateur. En quelque sorte les événements se racontent d’eux-mêmes, et la chronologie est interne au récit. Dans ce cas, les passés simples marquent la trame narrative, la progression des événements depuis la naissance du héros jusqu’à sa consécration finale. A l’imparfait, tout ce qui apporte des informations ou qui relève du commentaire. Les plus-que-parfaits servent à introduire des éléments narratifs antérieurs à la chronologie principale. On dit parfois que le passé simple est le temps du « premier plan », les autres temps exprimant l’arrière-plan.

Cette ressource théorique permet, pour des enfants, une approche plus intuitive de l’emploi des temps, que celle de l’aspect, qui s’intéresse à la valeur des temps en considérant uniquement la forme verbale en elle-même. On dira alors que le passé simple est un temps « borné » ; le « procès » est envisagé du début jusqu’à la fin.  Quant à l’imparfait, on aspect est « non borné » : le procès est envisagé seulement dans son déroulement. Les deux approches, par l’aspect et par les notions de premier plan et d’arrière plan ne sont pas contradictoires. Ajoutons qu’elles sont éloignées des analyses scolaires anciennes, non pertinentes (passé simple = action brève ; imparfait = action qui dure). Il convient de les abandonner une fois pour toutes.

 

 

3.      Le télégraphe en 1862

 

A partir de la fin du XVIII° siècle naissent des technologies qui vont permettre d'échanger des informations à distance. Le premier système est le télégraphe optique de Chappe (1763-1815) ; il permet de communiquer des messages relayés par des stations installées sur des endroits élevés. Mais c'est l'électricité qui au début du XIX° siècle donne au télégraphe une impulsion décisive. L'idée de base était  de faire passer un courant électrique à travers un corps conducteur, et de transformer en informations la présence et l'absence d'impulsions. C'est déjà l'idée d'un langage binaire qui deviendra au XX° siècle celui des ordinateurs. En 1832, un artiste peintre américain, d'un esprit curieux, Samuel Morse (1791-1872) a apporté, avec le concours d'un compatriote, le technicien Alfred Vail, un perfectionnement décisif au télégraphe avec l'invention du code qui porte encore aujourd'hui son nom. Le télégraphe électrique suit alors le développement des lignes de chemin de fer. Dès 1845, des lignes mettent en communication la France, les Pays-Bas, l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie, l'Italie et la Russie. Dès 1858, un câble sous-marin met en communication l'Europe et l'Amérique. L'alphabet morse a été encore utilisé dans un passé récent. En 1862, quand la comtesse de*** organise le jeu avec ses invités, le télégraphe électrique est donc une invention récente, mais déjà bien implantée.

 

Commentaire

 

Ce texte documentaire, écrit à partir d'informations trouvées dans l'Encyclopedia Universalis, présente un autre système énonciatif. Même si le texte est encore narratif, et   qu'il pourrait trouver sa place dans un livre d'histoire des techniques, l'emploi du temps des verbes est organisé autour du présent de l'indicatif : le repère, c'est le présent du scripteur écrivant le texte. On appelle ce système énonciatif le « système du discours ». C'est celui de la communication ordinaire, qu'elle soit écrite ou orale. Les temps caractéristiques sont le présent, le passé composé, le futur simple ou proche, mais on peut trouver aussi l'imparfait, et le plus-que-parfait, comme outil de l'expression de l'antériorité d'un fait passé par rapport à un autre fait. A noter que le « présent de vérité générale » peut être considéré comme un temps du discours. Il peut apparaître même dans le système du récit. Dans la biographie de Schumacher, on le retrouve dans une explication lexicale : « On le surnomma le Kaiser, ce qui  veut dire empereur ». Inversement, un autre exercice pourrait consister maintenant à réécrire l'histoire du télégraphe dans le système du récit.