Fiche technique

A l’attention des étudiants qui vont travailler sur le sujet des annales zéro : LE COMPLÉMENT CIRCONSTANCIEL – document de travail interne aux groupes 4, 5 et « allemand » de Colmar pour l’UE43

Ce dossier nous permettra de faire retour sur (ou de découvrir !) des notions de grammaire de phrase en lien étroit avec  les grammaires de discours et de texte.

Les concepteurs du dossier ont une idée : il y a un DÉCALAGE entre les propositions des manuels et les apports didactiques fondés sur la linguistique, et plus largement l’analyse de la communication verbale entre humains. Il faudra donc bien prendre en compte que les deux manuels du dossier pédagogique ne sont pas en phase avec le document didactique tiré de l’ouvrage Pour enseigner la grammaire de R. TOMASSONE (Delagrave). Cet ouvrage figure dans la documentation prévue pour l’épreuve du concours.

Pour traiter la question du complément circonstanciel, Interlignes met l’accent sur le sens. Mais vous devez être capable de montrer que cela ne fonctionne pas vraiment dans bien des  cas. Le second manuel (Maufrey Cohen) met plutôt l’accent sur la syntaxe (opérations de déplacement, d’effacement, d’ajout), mais sans non plus régler la question au fond.

Il vous faut donc lire très attentivement le document didactique de TOMASSONE. L’auteure opère une distinction capitale entre les vrais compléments circonstanciels, qui sont des compléments de phrase / et les « faux », que la grammaire traditionnelle ne reconnaît pas, car piégée par les questions qui touchent au sens (voir Interlignes), et que ne reconnaît pas non plus une grammaire scolaire rénovée, qui procède plutôt par manipulations syntaxiques (voir Maufrey Cohen).

L’exemple le plus clair est : Pierre va à Colmar, où vous voyez bien que « à Colmar » est un « faux » complément circonstanciel.

Reste à savoir comment appeler ce « faux » CC.  Tomassone propose le terme de « circonstant de verbe » par opposition aux « vrais » CC, qui sont des « circonstants de phrase.  Cette terminologie n’est pas au programme : il ne faudra donc pas insister sur les « étiquettes ». Par contre le jury appréciera les façons de faire réfléchir les élèves (à vous d’inventer)

Vous pourrez trouver aussi des éléments dans Quelle grammaire enseigner ? (Hatier). Page 55, le problème apparaît sous la rubrique « Difficulté rencontrée », et la proposition des auteurs est alors d’appeler les « faux » CC des « compléments essentiels (ou sélectionnés) du verbe. Et le même problème est repris page 98, où il est question des « expansions » : certaines ne sont pas facultatives, mais « essentielles » au sens de la phrase.

Dans un premier temps, pour y voir clair, vous pouvez vous servir de  l’arbre qui figure dans Quelle grammaire enseigner, page 55. Les « vrais »CC  sont clairement représentés sur le diagramme, comme des compléments de phrase, « non essentiels ». En revanche les « faux » apparaissent sur l’arbre comme des compléments de lieu (elle va à la fac : c’est mon exemple ci-dessus). Mais attention, cet arbre est trop simplifié, car les « faux »  CC sont loin de se limiter aux compléments de lieu. Vous pourriez le constater en  allant, toujours dans cet ouvrage, à la page 110 (typologie des verbes et des fonctions). De mon point de vue,  pour traiter cette question difficile, la grammaire de Tomassone est plus claire.

Pour construire votre oral, vous pourriez envisager des séances (mais pas toutes) focalisées par la découverte des fonctionnements internes à la phrase. Montrez que vous savez intégrer dans ces « leçons » portant sur la grammaire de phrase non seulement des manipulations mécaniques, mais une part de réflexion (la part de métacognition). Permettre aux enfants de verbaliser « ce que ça change », si je fais telle manipulation dans la phrase.

Mais n’oubliez pas, pour votre exposé, que « construire une séquence » nécessite une conception élargie de la langue. Les séances focalisées par la grammaire sont en lien étroit avec d’autres séances où il s’agit de parler, écouter, lire, écrire. Vous  pourriez envisager des séances qui articulent soit grammaire et oral didactisé (ex : comment les CC vrais ou faux se positionnent dans les interactions maître-élève, ou dans toute situation sociale où X qui ne sait pas interroge Y qui sait) ou comment les élèves, dans des travaux rédactionnels sont amenés, au stade de la réécriture de leur premier jet à « enrichir » leur texte(pourquoi ? en fonction de quels enjeux communicationnels ?) ou à déplacer des compléments pour mieux assurer les liaisons entre phrases. En envisageant de cette façon la liaison entre grammaire, autres apprentissages et vie de la classe, vous pourrez inclure dans vos séquences aussi des activités variées (toute la classe, en autonomie, en semi-autonomie / en parlant, en écrivant, etc.)

D’où l’intérêt de consulter aussi dans les grammaires mentionnées les chapitres relatifs à la grammaire de discours et de texte : Hatier, ch.17 et 18, par exemple ou Tomassone, la première partie de l’ouvrage . Ce dernier en effet commence par l’étude des phénomènes communicationnels, et du fonctionnement des textes, et ce n’est bien sûr pas un hasard. JMM