Capes doc interne – 27septembre 2010 – Rappels de méthode pour la synthèse

A partir du dossier donné au CAPES interne session 2010.

 

Titre du dossier :

Modèles de développement des technologies de l’information dans l’enseignement

 

Un plan possible

 

Introduction

 

Ce dossier rassemble une série de contributions autour du thème du développement des technologies dans l’enseignement

 

-   un extrait d’un rapport d’IG (2009, A.-M. Bassy)  apporte un éclairage comparatif sur la situation respective du Royaume-Uni et de la France dans ce domaine (doc.1

-   la situation française est  examinée  par  deux  chercheurs en éducation numérique (Baron et Harrari,dans la revue Médialog en 2006, doc.3)

-   une approche conceptuelle  de  la notion d’usage du numérique est faire par G. Puimatto, du CRDP d’Aix-Marseille (doc.2)

-   enfin, dans le doc. 4 Chapron et Delamotte ouvrent des perspectives en passant en revue les trois paradigmes qui ont défini le métier de documentaliste depuis sa création (2009, Revue des Sciences de l’Information)

-    

Problématique

 

Le développement des TICE dans le système éducatif nécessite un modèle répondant à la demande de l’école aujourd’hui.

Même si l’élaboration d’un modèle stable est encore aujourd’hui malaisée, on peut entrevoir aujourd’hui un paradigme pertinent  à condition d’intégrer un concept neuf : l’usage.

 

A.                   Un paysage éducatif profondément bouleversé par des mutations technologiques importantes

 

A1 : la mutation se mesure à l’aune des changements de vocabulaire (doc. 3)

 

Exemple du mot média (60 –70 – aujourd’hui multimédia) – changement de nature grammaticale du mot informatique (devient adjectif) – invasion de néologisme anglo-saxons en –e (e-éducation dans le titre)  (doc.1)

 

A2 : des innovations anglo-saxonnes montrant le retard pris par la France (doc.1) : un choix politique plus clair / des investissements  plus forts / un système éducatif repensé : notion de « compétences » / des choix stratégiques (niveaux maternelle, élémentaire, collège)

 

A3 : en France un champ investi par des producteurs non institutionnels (les marchands / le secteur associatif / les individus) (doc.2)  et qui se développe en partie hors de l’école (doc.2)

 

B.                    Des obstacles  qui rendent difficile l’élaboration d’un modèle directeur

 

B1 : un climat d’instabilité  : des produits et des pratiques « émergents » posent  des problèmes d’évaluation (par les institutions ? par les communautés garantes ?) (doc.3) ; idem pour les certifications (l’État concurrencé par des « agences »)

 

B2 :  des résistances culturelles

 

-   en France : « connaissances » versus « compétences / « liberté pédagogique » des enseignants (doc.1)

-   valeurs partagées par les usagers (aussi les parents, voire les élèves) : il faut les respecter (doc.2)

-   évolution de métier de doc  - les débats autour de l’identité professionnelle du doc (doc.4)

 

B3 : des difficultés conceptuelles

 

-   une « guerre de concepts » (doc.1) – les TIC : auxiliaires des apprentissages ou objet d’apprentissage (doc.2) – complexité du concept de « technologie » appliqué à l’éducation : est-ce un ensemble de moyens techniques, ou un guide qui aide à définir les conditions de leur utilisation (doc.2) – le débat sur les « curricula » : vers un « curriculum documentaire » du primaire à l’université (doc.1 et 4)

 

C.                   Une perspective neuve pour un nouveau paradigme : le primat des usages sur les outils 

 

C1 : la bonne posture en ce domaine semble être une prudence excluant l’attentisme

 

L’évolution  sera lente  (doc.3) ; elle  intégrera des parcours « hors curricula » : force est de prendre acte des usages des élèves qui débordent les cadres prescrits (doc.3)

 

C2 : le primat des usages sur les outils (doc. 2 – doc. 4) - G. Puimatto aide à penser ce changement en privilégiant l’approche de l’usage, par rapport à celle de l’outil ; d’où la prise en compte de nouvelles questions (comment les acteurs s’approprient les outils : détournement) ; comment ils assurent le transfert d’une technologie à son cadre d’usage (l’acteur porte-parole)

 

C3 : Chapron et Delamotte plaident pour une vision prospective du métier de doc vers un « modèle » compatible avec la tradition française

 

Le 3° changement de paradigme : « éducation à » intègre le premier (le CDI des débuts lieu d’apprentissage de l’autonomie par les pédagogies nouvelles) / ne renie pas le second (le paradigme de l’acquisition de compétences),  mais il faut l’envisager autrement, parce qu’il s’est focalisé sur les outils et sur des méthodes de recherche en partie rendues obsolètes par la technique[1] (doc.3) en reprenant non pas le modèle anglo-saxon, qui n’est pas transposable, mais une série de bonnes idées (doc.1)

 

 

CONCLUSION

 

Ce modèle (= 3° changement de paradigme) qui met l’usage au premier plan, mais affirme aussi la nécessité d’une didactisation ( = « apprendre) et d’une « éducation à » (= former des citoyens) pourrait guider la  construction du « curriculum » documentaire de l’école primaire à l’université

 

C’est aussi un projet pour le documentaliste,  ouvert sur la recherche universitaire, et apportant l’incontournable expérience du terrain.

 

Le titre du dossier est une première indication fournie par les concepteurs du jury pour orienter la synthèse : surtout ne pas oublier d’en faire mention dès l’introduction.

 

 

 

 

 

 

 

Cette entrée en matière formule le thème à partir d’un élément du titre fourni.

 

 

 

Il faut trouver un compromis entre des références précises, et l’impératif de la concision : bien prendre soin de caractériser les documents (= analyser les différents « point de vue »). Les patronymes, et même dans une moindre mesure les titres des revues sont d’un intérêt informatif moindre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’énoncé de le problématique est distinct de l’annonce du plan. Pour construire la problématique, il convient de se servir du titre du dossier. Pour cela on ajoute ici« modèle » (synonyme : paradigme).

Rappel : une problématique, c’est une grande QUESTION qui structure toute la synthèse.

 

 

Attention : ceci est un titre pour la fiche. Dans la synthèse rédigée, il vaut mieux éviter les titres (c’est l’aspect académique de l’exercice)

 

 

Cette partie correspond à l’étape de CONTEXTUALISATION. C’est une opération intellectuelle, non une donnée rédactionnelle. Nous sommes avec ce concept,  au stade de l’analyse, non du dossier, mais de l’exercice lui-même. C’est donc un MÉTA-NOTION. Pour cette raison, on évitera soigneusement d’utiliser dans la rédaction de la synthèse ce « métalangage » (idem plus bas pour ANALYSE et pour ORIENTATION PRAGMATIQUE).

 

 

 

 

 

Ici ce n’est pas entièrement rédigé ; il est bon de faire un maximum de références aux documents, mais vous pouvez le faire en indiquant simplement (doc.1, etc) entre parenthèses : bien entendu, varier un peu, c’est mieux…

 

 

Cette deuxième étape correspond à l’ANALYSE.

Pour la construire, c’est le moment d’utiliser surtout les parties conceptuelles du dossier.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Avec le document 2 (Puimatto) on atteint le cœur de la problématique : le nouveau modèle est celui qui tient compte non seulement des outils, mais de leur usage.

 

On pourrait poser que pour chaque partie, un, voire deux documents seront mis en VEDETTE et les autres seulement évoqués ;

 

vous ne serez pas pénalisés si dans une partie vous n’évoquez pas l’ensemble des documents.

 

 

 

Il s’agit là de la troisième « méta-notion » dans l’opération intellectuelle de production de la synthèse : L’ORIENTATION PRAGMATIQUE.

 

 

En tant qu’écrit professionnel (non seulement académique), la synthèse gagne à être finalisée professionnellement). Dans ce cas de figure, il serait tout de même maladroit de focaliser la troisième partie sur le retard de la France en matière de TICE ! Je mets « paradigme » dans la dernière phrase titre, pour bien mettre l’accent sur l’amorce de problématique fournie. N’hésitez pas à « mettre les points sur les i » !

 

 

Cette fiche portant sur un plan détaillé, non rédigé, elle n’insiste pas sur des compétences rédactionnelles à mettre en œuvre :

 

- la cohésion du texte assurée par des chaînes pronominales et des substituts lexicaux appropriés

 

- les liens chronologiques (plan de texte) et logiques (structure argumentative) sont assurés par des CONNECTEURS.

 

 

Les « bonnes idées » = expression prise dans le texte. Il serait intéressant de les détailler, mais dans ce cas, la synthèse sera trop longue. Il faut savoir SACRIFIER des éléments, même importants, à condition de montrer au correcteur lecteur qu’on a su les pointer.

 

La bonne posture pour l’auteur de la synthèse : permettre au DECIDEUR de se faire une idée précise du dossier SANS QU’IL AIT BESOIN DE LE LIRE, mais lui donner quand même l’envie d’en croquer quelques pages !

 

 

Terminer sur l’exercice du métier est une bonne STRATÉGIE, surtout si vous adoptez l’ordre habituel : la réflexion personnelle APRÈS la synthèse. La conclusion de la synthèse peut introduire la réflexion personnelle (voir rapport du jury 2009)

 



[1] Ici j’interprète mais en restant dans l’esprit – voir l’article de Michèle Archambault in Inter CDI, 2009