Chronique de l'UE 31 (novembre 2010 suite) et contribution à la page « éducation aux médias »


L'exercice de la « revue de presse » appliqué à deux unes récentes de Mon Quotidien :


28 juillet 2010 : Ma vie avec les guépards ; Reportage en Afrique du Sud - voir la une


3 août 2010 : La famine menace 10 millions d'Africains - voir la une


Sur la revue de presse, deux fiches techniques ici et ici.


Pourquoi deux unes ? c'est le jeu de la comparaison qui permet de faire surgir et d'expliciter des points de vue différents sur le continent africain, et par là à faire « bouger » les représentations.

Pour autant le journal ne devient pas l'unique source d'apprentissage. Le programme prévoit des enseignements en géographie, avec des outils, des documents et des méthodes. Mais cet usage de la presse écrite fait le lien entre le monde vécu et le monde « appris » et il prépare les apprentissages scolaires, c'est déjà beaucoup !


Ce que peut faire émerger la comparaison, par exemple :



Du point de vue de la méthode, on peut faire comprendre aux élèves que la photo est certes utile, mais qu'elle ne suffit pas. La lecture des légendes (en petits caractères) apporte des information décisives. A la différence de l'image (interprétation relativement ouverte), l'écrit, marqué par l'invariance, impose une interprétation plus fermée. C'est l'écrit qui nous informe qu'il s'agit du Niger et de l'Afrique du Sud, non les photos.


Etc.

A chacun d'ajouter des éléments à ces orientations sommaires.


Le numéro du 10 juillet 2010


est à proscrire de l'usage en classe : la une et tout le contenu du pseudo-reportage qui figure en pages intérieurs. Voir cette une.

Tout n'est pas bon dans Mon Quotidien, et ce choix d'info est plus que malencontreux. Le titre « Des familles françaises dans des tribus sauvages », imposé sans aucune distance, frise la bêtise. En regardant de près, il s'agit d'une émission de « télé-réalité » diffusée par TF1 (Bienvenue dans ma tribu). Une analyse même superficielle des photos fait apparaître la supercherie, car les Surmas d'Ethiopie, les Zaparas de l'Equateur et les Papous de Nelle Guinée posent ici, à l'évidence, dans des costumes qu'ils n'utilisent aujourd'hui plus que pour les exhibitions touristiques. On ne voit pas l'intérêt dans un journal d'information pour enfants, sinon de faire la pub d' un divertissement télévisuel indigne. De quoi susciter des critiques virulentes : la déclaration critique de Survival organisation mondiale de défense des peuples indigènes qui figure dans un encart de ces étranges « reportage » semble relever du simple alibi. Il est terrifiant de constater que cet imaginaire colonialiste avec lequel nous pensions avoir définitivement rompu, peut aussi facilement refaire surface !

Zéro sur vingt pour Mon Quotidien, qui habituellement fait mieux !