L'expression "touche pas... à mon pote", inscrite au creux d'une main jaune a été inventée en 1984, par un journaliste et un professionnel de la communication. Elle servit de slogan au mouvement SOS-Racisme, animé par Harlem Désir, lorsqu'on s'avisa que les travailleurs d'origine immigrée n'envisageaient, massivement, plus de retour au pays. C'était un slogan généreux et réaliste, que l'UMP du Haut-Rhin, par manque de réflexion, ou plutôt par cynisme, fait, sur son affiche de campagne présidentielle fonctionner à contre sens. En encourageant l'inculture et la sottise, elle ruine la fraternité et les valeurs de nos anciens. Et elle fait le lit de l'extrême droite.

Ainsi les médias propagent les manières de dire, reprises au vol par les politiques ; sur cette "ronde des discours", où les détournements ne sont pas l'exception, mais la règle, on peut lire l'ouvrage de Sophie Moirand, Les discours de la presse quotidienne, observer, analyser, comprendre, PUF Linguistique nouvelle, 2007. En voici un extrait :

"Les médias et en particulier la presse ordinaire, qui constituent des lieux de rencontre des mots, des formulations et des dires qui circulent à propos de ces événements, et au-delà, contribuent eux-mêmes à construire des liens entre ces faits de société et à tisser des fils interdiscursifs entre les dires des différentes communautés concernées par ces événements. C'est cette ronde incessante des discours que l'on a cherché à décrire à travers les différentes formes qu'elle prend dans la presse ordinaire et le "sens" qu'elle donne aux événements. Contrairement à l'idée reçue que les discours des médias seraient éphémères, la thèse que l'on défend ici est que ceux-ci sont devenus aujourd'hui un lieu de construction des mémoires collectives des sociétés actuelles" (introduction).

Veiller à la conservation d'une mémoire juste, entraîner les citoyens à ne pas céder aux vertiges de la ronde, c'est le travail de l'école.

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