Les solutions de l’exercicevoir la séance N°3

* tableau comparatif du nombre de lettres, de phonèmes, de graphèmes dans un mot

Remplir le tableau suivant :

Les mots

Nombre de lettres

Nombre de phonèmes

Nombre de graphèmes

chevaleresque

c-h-e, etc 

= 13 lettres

Voir les formes orales pour ce tableau ici

8- 9 ou 10

c/h/e/v/a/l/e/r/e/s/qu/e

11

prudemment

p-r-u, etc.

10 lettres

 

7

/p/r/u/d/em/m/en/t

8

/em/ peut être considéré comme un graphème positionnel qui donne [a] devant un 2° /m/

anticonstitutionnellement

Le mot le plus long du français, dit-on

25 lettres

 

 

18 ou 19

/an/t/i/c/ on/s/t/i/t/u

t/i/on/n/ell/e/m/en/t

/ell/ et aussi un graphème positionnel qui donne [µl] devant /e/

oignon

 

6 lettres, mais seulement 5 selon l’orthographe rectifiée (ognon)

 

 

 

3

/oi/gn/on/

 

 

3

nécessiteraient

 

 

14

 

 

9 ou 10

/n/é/c/ess/i/t/e/r/e/t/ai/ent/

 

12

 

Remarque : le découpage des graphèmes positionnels ave E et un peu délicat. On peut faire sans doute faire autrement. Mais l’essentiel, c’est de comprendre que /emm/ ou /ess/ a une incidence sur la valeur phonique. Idem pour /t/ion/ : /t/ est aussi un graphème positionnel dans ce cas. A l’oral, la décompte dépend de la prononciation. En français méridional, le [ ] est toujours prononcé.

* découpage de syllabes orales et écrites dans des phrases :

Martine Aubry multiplie les messages en direction de l’électorat féminin

ce qui pourrait donner

mar –ti –nau – bry –mul-ti-plie-les-me-ssa-gen-di-rec-tion-de-lé-lec-to-ra-fé-mi-nin

* comment se comportent les déterminants devant certains mots commençant par des voyelles ou des « glides » (semi-voyelles)

les mots

le (oral)

le (écrit)

la (oral)

la (écrit)

les (oral)

les (écrit)

idée

          Voir les formes orales

pour ce tableau ici

         

 

Le /a/ de la est élidé : l’idée

A l’oral on fait la liaison

Les idées : pas d’élision

air

 

Le /e/ de le est élidé : l’air

 

A l’oral on fait la liaison

Les airs : pas d’élision

iode

 

 

L’iode : le /a/ de la est élidé

 

Ce mot n’existe pas au pluriel

iota

 

Le iota : le /e/ e le n’est  pas élidé

 

 

A l’oral on ne fait pas la liaison

Les iotas : pas d’élision

oiseau

 

L’oiseau : le /e/ de le est élidé

 

 A l’oral on fait la liaison

Les oiseaux : pas d’élision

ouistiti

 

 

Le ouistiti : le /e/ de le n’est pas élidé

 

A l’oral, on ne fait pas la liaison

Les ouistitis : pas d’élision

 

 

On voit dans ce corpus que la règle d’élision est assez systématique dans le cas où le mot déterminé commence par une voyelle (alors élision de l’article au singulier) ou par une consonne (alors maintien de l’article sous sa forme « le » ou « la ». Au pluriel, il n’y a qu’un seul article « les », non marqué par le genre. La tendance du français étant au découpage par les syllabes ouvertes, les liaisons sont systématiques lorsque le nom au pluriel commence par une voyelle.

Des hésitations apparaissent lorsque les noms commencent par des semi-voyelles, aussi appelées « glides ». Il faut s’en tenir au dictionnaire de langue, dont les options se fondent sur l’usage en français standard.

Le même problème va apparaître dans l’exercice suivant.

* même consigne pour la liste des mots suivants ; quels nouveaux problèmes se posent ? quelles conclusions en tirer quant au /h/, pour une éventuelle réforme de l’orthographe ?

 

le mot

le (oral)

le (écrit)

la (oral)

la (écrit)

les (oral)

les (écrit)

histoire

 

Voir les formes orales pour ce tableau ici

 

L’histoire : élision de l’article

 

Les histoires : pas d’élision à l’écrit, mais liaison à l’oral

hibou

 

Le hibou : pas d’élision de l’article au masculin

 

 

Les hiboux : idem, pas d’élision de l’article et on ne fait pas la liaison

héroïne

 

 

L’héroïne : élision de l’article au féminin

 

Les héroïnes : pas d’élision de l’article et on fait la liaison

héros

Le héros : pas d’élision de l’article au masculin

 

Les héros : pas d’élision de l’article, et on fait la liaison

heure

 

 

L’heure : élision de l’article au féminin

 

Les heures : pas d’élision de l’article et on fait la liaison

heurt

Le heurt : pas d’élision de l’article au masculin

 

 

Les heurts : pas d’élision de l’article, et on ne fait pas la liaison

 

Nous serions tentés de partitionner notre corpus : un modèle « histoire » (série au féminin) et un modèle « hibou » (série au masculin), mais cela ne fonctionne pas : on aurait pu ajouter « hippopotame », masculin, qui fonctionne comme « histoire », ou encore « huissier » ; « hérétique ». Il est difficile de repérer une règle systématique. Certains se fondent alors sur la valeur phonique du /h/ : muet, le /h/ permettrait l’élision, et « aspiré », il ne la permettrait pas. Mais cette distinction n’est pas pertinente : en réalité le /h/ ne se prononce jamais. Tout se passe « comme si certains mots commençaient par une consonne latente qui fait obstacle à l’élision et à la liaison » (Gardes-Tamine, voir ci-dessous).

Dans l’idée d’une réforme un peu radicale de l’orthographe (et toujours en suivant le même auteur), il y aurait lieu de n’écrire avec un /h/ à l’initiale que les mots n’autorisant pas l’élision : donc « les héros », « les hiboux », et sans /h/ les mots autorisant l’élision : « les éroïnes », « les istoires ». Et comme certains mots (absents du corpus) qui ne commencent pas par un /h/ pour autant ne permettent pas l’élision, par exemple « le uhlan » ou « le onzième », il serait pertinent de les écrire avec un /h/ à l’initiale : un hulan, le honzième joueur. Rêvons !

Les usages en la matière sont-ils totalement arbitraires ? Pas toujours. L'absence de liaison est parfois justifiée par un risque d'homophonie, donc de confusion. Les heures de cours ne sauraient être confondues avec les heurts constatés lors d'une manifestation. De même, on peut faire la liaison dans le cas "des héroïnes", mais non pas dans le cas "des héros", qui... ne sont pas des "zéros". On rejoint alors une tendance fondamentale de la langue orale et écrite : le recours à des signes "diacritiques".

Au fait qu'est-ce qu'un uhlan ?

Les deux derniers exercices s’inspirent de l’ouvrage La grammaire – 1. Phonologie, morphologie, lexicologie – GARDES-TAMINE (Joëlle) Armand Colin 3° édition – 2005. Cet ouvrage figure dans la bibliographie M1 pour le français à l’IUFM d’Alsace / UDS.