Une  conception de la lecture littéraire

 

qui peut intéresser un professeur des écoles, maître du cycle 2, où les enfants lisent avec lenteur…

 

 

Dans les archives de Paul Claudel, on a retrouvé une autre présentation des Cent phrases pour éventail (1927), non publiée :

 

« Ce livre de poèmes, où l’auteur a essayé d’appliquer, en les transformant suivant son propre goût, les principes de la poésie japonaise, est animé par les idées suivantes :

Chaque poème est très court, une phrase seulement, ce que peut supporter de son, de sens, et de mots une haleine, un souffle, ou le battement de l’aile d’un éventail.

L’écriture y joue un grand rôle, car en français comme en chinois la forme extérieure des lettres n’est pas étrangère à l’expression d’une idée. Mille intentions secrètes se cachent dans la calligraphie opérée avec le pinceau par le poète lui-même et reproduite lithograhiquement par un des plus habiles artisans de Tokyo.

Le poème est en général réparti sur deux pages, la première contenant en général (en français et en japonais) le titre du poème, le mot essentiel qui le résume, ou siplement une invitation au lecteur, un signe presque muet.

On a voulu que dans la disposition des lignes et des mots, par l’interposition des blancs, par le suspens dans le vide des consonnes muettes, des points et des accents, la collaboration de la méditation et de l’expression, du sens, de la voix, du rêve, du souvenir, de l’écriture et de la pensée, la vibration intellectuelle de chaque mot ou de la partie essentielle de chaque mot devînt perceptible à un lecteur patient qui déchiffrera chaque texte l’un après l’autre avec lenteur, comme on déguste un petite tasse de thé brûlant. »