Article obtenu par les archives des DNA avec le mot clé "cloche", d'où l'apparition de ces mots en caractères bleus.

Soultz / Patrimoine (28 janvier 2006 en pages locales de Guebwiller)

Des cloches en mauvais état




Des cloches qui, pour l'instant, sonnent encore. (Photo DNA)



Le poids des ans, quelques malfaçons : les cloches de l'église Saint-Maurice sont en sursis. Pour l'instant, elles sonnent encore, sauf l'une d'elles qui, suite à la chute du battant, reste muette.

Le conseil de fabrique se mobilise actuellement pour sauver ce carillon qui rythme notre vie. Le mauvais état des cloches avait été rendu public suite à un rapport d'un campanologue (expert en la matière) qui travaille avec le diocèse. Celui-ci avait fait un état des lieux complet et donné ses impressions quant à l'architecture du clocher, l'installation afférente aux cloches, la sonorité du carillon et l'état de l'ensemble. Le rapport met en avant, d'un coté, l'architecture remarquable de l'édifice et une sonnerie de l'ensemble cohérente à la construction musicale, mais également des malfaçons qui risquent de faire taire complètement la sonnerie d'airain de l'église.

Un problème de fixation des cloches

 Outre la vérification et le reconditionnent de la fixation des lourds battants des cloches, l'essentiel des travaux porterait sur les jougs (massifs pièces habituellement en bois auxquelles sont fixées les cloches). Il se trouve qu'à Soultz, ceux-ci sont très réduits, voire inexistants. En 1962, lors de l'installation des cloches, on les avait montés sur des arbres de type fer IPN dont l'axe est excentré.
 Mécaniquement, l'ensemble fonctionne, mais sur le plan de la sonorité, on est loin de la perfection. De plus, lors de son fonctionnement ce type d'installation imprègne une poussée latérale importante sur le beffroi (charpente qui supporte les cloches) qui, de fait, souffre et s'use plus vite que prévu. Autant de dysfonctionnements qui s'ajoutent au fait que l'ensemble est particulièrement inesthétique.
 L'idéal serait de fixer les cloches avec des jougs en chêne massif, le bois valorisant les fréquences graves des harmoniques de l'airain et réduisant la vitesse lors des volées, il en résulterait une frappe plus douce et surtout -grâce à un effet de contre-poids- une meilleure stabilité du beffroi. Cette option semble avoir été retenue par le conseil de fabrique. Les nouveaux jougs devront être réalisés à l'identique de ceux qui équipaient les anciennes cloches de l'église St-Maurice et qui se trouvent maintenant encore dans le clocher.

La longue histoire des cloches

 Les cloches actuelles, fondues dans les ateliers de la maison Causard de Colmar et baptisées Marie-France, Maurice, Odile d'Alsace, Pierre-Paul et Jeannot-Jeannette ont été consacrées le 15 août 1962. La plus grosse, le bourdon, pèse 2950 kg.
 Le 11 août, elles avaient remplacé les vieilles cloches et notamment le bourdon fêlé dit le Brummer datant de 1455 et qui, au vu de son âge, avait échappé à la réquisition des autorités militaires allemandes en 1917. Ses trois voisines ont eu moins de chance et s'en sont allées faire la guerre, reconditionnées en fût de canon ou douille d'obus. L'ancien bourdon de 1455 -rare rescapé des fonderies Peyger de Bâle- est exposé au musée Underlinden de Colmar.
 Le beffroi, quant à lui, est aussi ancien que le reste. En se référant à une ancienne gravure, sa date de construction serait de 1771. Constitué de robustes poutres, il comporte trois travées dans lesquelles sont suspendues les cloches qui sonnent d'est en ouest.
 Au fil des ans, l'église a été entièrement rénovée, seules les cloches n'avaient pas bénéficié de réhabilitation. Maintenant elles en ont bien besoin. Pour mener à bien ces travaux, le conseil de fabrique organise différentes manifestations comme la première soirée humoristique de Soultz qui se déroulera ce samedi 28 janvier à partir de 19h dans la halle aux blés.



J-P. R.


© Dernières Nouvelles D'alsace, Samedi 28 Janvier 2006.. Tous droits de reproduction réservés