Deux salons du livre

 

MONTREUIL du 22 au 27 novembre 2006

 

idée : les affiches peuvent servir de support pour l'oral

de la maternelle au cycle 3

 

 

 

http://salon-livre-presse-jeunesse.net/slpj2006/

 

Par les temps qui courent, les livres tiennent salon. Si vous n’allez pas à Montreuil, vous irez certainement à Colmar ! Et même si vous n’allez pas à Colmar, la navigation virtuelle permet de saisir ce qui est, justement, dans l’air du temps. Si vous préparez l'option littérature de jeunesse, c'est aussi une occasion d'explorer la dimension économique de ce phénomène culturel, la formation n'abordant, faute de temps, que sa dimension symbolique.

 

Le « temps », dans sa polysémie déconcertante, est d’ailleurs  le thème retenu pour le Salon de Montreuil. Internet ( et le temps météorologique !) nous incitant à pantoufler à peu de frais, vous seriez franchement inexcusable de ne pas faire un tour au moins sur les deux sites, Montreuil et Colmar.

J’ai été un peu rebuté par le portail du site de Montreuil, dont la vitrine fait penser au tableau de bord d’un vaisseau spatial, habité non par des lecteurs mais par des spécialistes du marketing culturel, version extra-terrestres. Mais cette présentation donne une idée peut-être juste de cette manifestation : un hypermarché du livre et de la culture de jeunesse, conçu d’abord, non pour des lecteurs enfants ou adultes, mais  pour les professionnels, dont les enseignants font partie, mais parmi bien d’autres acteurs. Un site auquel Montreuil renvoie est un peu sa propre parodie : c’est Supermarchéferraille. Je ne vous fournis pas le lien : vous risqueriez de vous y rendre tout de suite, de bien vous amuser, mais d’oublier nos moutons. Une solution pour naviguer un peu mieux, c'est de cliquer sur le parcours enfants. Donc dans ce Montreuil virtuel qu’ai-je vu ? L’affiche d’abord. Elle pourrait servir de support d’analyse avec des élèves. Ensuite un bon moteur de recherche, permettant d’accéder à l’ensemble des nouveautés présentées au salon, par titres, genre, auteurs, maison d’édition, etc, toujours la première de couverture en petit format et  une recension. Ensuite des expos, avec des œuvres d’illustrateurs qui ont le vent en poupe, autour des thèmes suivants : figures du futur, Peter Pan, Alice au pays des merveilles, et …Supermarchéferraille. La boutique propose entre autres des catalogues bibliographiques seulement présentés (il faut les acheter !), mais ils sont prometteurs. J’ai relevé notamment « Escale Japon, Planète à Lire » : toutes les références à connaître pour un projet autour du Japon (voir les haïkus), mais aussi un beau catalogue Mosaïques, avec 300 ouvrages pour se répérer dans la littérature arabe, et une cinquantaine d’ouvrages de jeunesse, en arabe, ou français ou en édition bilingue, du Maghreb ou du Moyen Orient. Avis à ceux qui font leur mémoire sur la diversité culturelle. A vous de compléter : j’ai forcément occulté des éléments intéressants, vu la difficulté de navigation.

 

COLMAR samedi 25 et dimanche 26 novembre 2006

 

http://www.salon-du-livre-colmar.com/

Moins loin, moins cher ( même gratuit), et tout aussi intéressant. Cette année le thème est « Portraits et autoportraits » et  il se tient en partenariat avec le Musée Unterlinden. Le programme jeunesse peut être aisément téléchargeable en format PDF, et c’est plus lisible que celui de Montreuil ! Unterlinden propose une comparaison de deux portraits : L’allumeur de J. Hélion (1944) et une peinture de Lagrenée, 1816 : Portrait équestre du général Rapp ; « le premier, dit la présentation, éprouve autant de fierté à tenir sa cigarette que le second à maîtriser son cheval ». Vous faites votre mémoire sur l’image, ou vous lancez vos élèves dans l’écriture de portrait ? Alors allez voir ! L’affiche du salon, que vous pourrez peut-être vous procurer en grand format papier permet déjà en elle-même de travailler sur ce thème du portrait…

D’autant plus que le Salon, toujours en partenariat avec le Musée, présente aussi une expo « Tout un Louvre » avec 80 œuvres originales sur 200 de Kathy Couprie et Antoine Louchard, créées pour des ouvrages destinés à des enfants à partir d’œuvres originales de ce grand musée français. Mais sans doute vos formateurs d’arts plastiques vous ont-ils déjà informés. Alors place à la littérature.

J’ai noté samedi après-midi, successivement ou simultanément : des contes bilingues franco-allemands, en particulier des récits du Struwel Peter (traduit Crasse-Tignasse), récits aussi cruels qu’appréciés des enfants ( !), des spectacles scolaires réalisés par des enfants des écoles sur le thème du portrait, une intervention sur les mangas japonais. Il y aura à partir de 16h30 un grand invité : Philippe Lejeune, spécialiste de l’autobiographie fera une conférence : « Tenir un journal personnel, pourquoi ? comment ? ». En dehors du champ littéraire est prévue aussi samedi après-midi de 14h00 à 15h00 une conférence de Oscar Brenifier : « philosopher avec les enfants ». Avis à celles /ceux qui envisagent un mémoire sur cette question. Et dimanche le salon continue. J’ai relevé entre autres une intervention d’Odile Welleursse, écrivain de jeunesse spécialisée dans le roman historique (dernière parution : Le chevalier de Jérusalem, Hachette Jeunesse), qui sera présentée par l’écrivain Jacques Lindecker, bien connu à l’IUFM.  Et Philippe Lejeune fera à 14h30 une autre intervention sur un sujet étonnant : « Comment Anne Frank a réécrit le journal d’Anne Frank ? », où l’on apprendra que Anne envisageait déjà aux temps de l’Annexe (l’appartement où elle se tenait cachée avec sa famille) la publication de son journal, qu’elle avait réfléchi à sa réécriture, tâche qu’aurait assurée, par la suite, son père. Une intervention qui promet d’être passionnante.

 

Ces deux catégories sont empruntés à la sociologie de la lecture, et notamment à Pierre Bourdieu. Les livres procèdent des deux sphères. Dans la sphère symbolique ils sont porteurs de significations, qui contribuent à nous insérer dans des réseaux de sens, nous construisant ainsi comme des "sujets culturels". Dans la sphère économique, ce sont des produits de marché comme les autres, qui contribuent à nous insérer dans des réseaux d'échanges de biens, nous construisant ainsi comme des consommateurs. Bien entendu ces deux dimensions sont inséparables.