Enseignement du fait religieux

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qu'est-ce que l'islamologie ? un dossier de presse consacré à Mohammed Arkoun (mis en ligne le 20 septembre 2010) - en complément : un article du Monde paru le 23 septembre 2010

Au cimetière militaire de Cernay (Haut-Rhin), les symboles des religions musulmane et chrétienne sont réunis.

 

photo jmm

Enseigner le fait religieux : oui, mais comment, et pourquoi ?

L'enseignement du fait religieux a été introduit depuis quelques années dans le programme de formation des maîtres, du premier et du second degré. Il se distingue de l'enseignement religieux, survivance de la Loi Falloux (1857), maintenue dans les deux départements de l'Alsace et en Moselle par le régime concordataire. L'esprit se résume dans les 12 propositions faites par le philosophe écrivain Régis Debray à M. Jacques Lang, ministre de l'éducation nationale, en avril 2002. Ce texte a fait l'objet d'une publication aux éditions Odile Jacob / Scereen, la même année, sous le titre "L'enseignement du fait religieux dans l'école laïque". C'est dans cet esprit que j'ai travaillé, le but n'étant pas d'abord de fournir aux étudiants stagiaires des "leçons de fait religieux" clé en mains, mais de contribuer à la construction de ce fait comme "objet de culture". Il est important, lorsque surgissent des questions d'enfant, de répondre de la manière la plus juste possible. Et ces questions-là sont amenées, souvent, par l'actualité. D'où mon choix de partir de faits rapportés dans la presse.

Chemin faisant s'est posé pour moi un petit problème méthodologique. Fallait-il, sous couvert de la stricte "objectivité" laïque, m'en tenir à une description du fait par ses manifestations extérieures ? A propos du pape notamment, la démarche s'est vite révélée, de mon point de vue, impraticable. Un objet de culture, parce qu'il concerne l'humain, comporte une dimension irréductiblement subjective. Je revendique donc à mes risques et périls une méthode illustrée par Paul Ricoeur, dans un ouvrage consacré à l'exégèse biblique. Pour bien comprendre le "fait", il convient de "participer au moins en imagination et sympathie à l'acte d'adhésion par lequel une communauté historique se reconnaît fondée". En imagination et sympathie seulement : au-delà il y a un grand saut, celui de l'adhésion. L'école de la République peut marquer cette limite : elle s'interdit toute incitation à la franchir. Précisons, toujours avec Ricoeur, que la même bienveillance en imagination et sympathie pourrait être demandée à tout lecteur par les membres de n'importe quelle communauté historique, s'autorisant d'un autre corpus sacré que l'héritage chrétien, qui est plus familier à la majorité d'entre nous.

La bienveillance n'interdit pas le sens critique. Les religions sont capables du meilleur comme du pire. Elles engendrent la répression des désirs, l'intolérance et le fanatisme mortel, comme le pommier produit des pommes. Il n'empêche : de leur sein ont surgi, de siècle en siècle, des mystiques et des saints. Cette page s'alimentera de textes illustrant le "fait" dans son irréductible ambivalence.

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Paul Ricoeur, André LaCocque, Penser la Bible, Seuil, collection La couleur des idées, 1998. Préface, page 16