Fiche méthodologique : comment construire la synthèse

 

Contexte : fiche élaborée après lecteur de 5 copies des collègues (dossier « éducation aux médias »)

 

 

1.                       La méthode

 

CE QU’IL NE FAUT PAS FAIRE : oublier ou occulter le dossier et ses auteurs…

 

 

-  En remplaçant  des propositions spécifiques par des lieux communs généraux

 

ex :

« la complexité du monde se révèle à nous à travers le flot continuel d’informations dont nous abreuvent les médias » (svt dans la première phrase comme ici)

 

« si le rôle de l’école est de former de jeunes citoyens responsables, nous apprenons également que ce rôle est plébiscité par les jeunes de 15 à 25 ans, comme nous le voyons dans le document 4 »

 

« les médias, et en particulier les TIC ne peuvent être source de développement que si tous les acteurs de la société ont les connaissances pour y accéder (…) Qui fera cette éducation, indispensable  à la vie d’un citoyen actif dans sa société, si l’Ecole n’assume pas cette responsabilité ? » (autre piège : la conclusion)

 

-  En remplaçant  discours des auteurs par son propre discours

 

ex : ci-dessus

 

autre lieu stratégique où on se fait piéger : l’annonce de la problématique et du plan

 

« En effet l’information de masse est sujette à caution, et pose des problèmes : qui la fabrique, avec quelles intentions ? Permet-elle une vraie communication entre les sociétés et les hommes »

 

(ici trait reconnaissable d’une fin d’intro du dissertation, où il convient de poser des questions ouvertes ; mais dans notre cas de figure, le synthétiseur sait déjà quelles sont les réponses des auteurs ; donc à réécrire sous forme affirmative, en référant aux auteurs du dossier)

 

énoncer une problématique sous forme de questions diverses, partant un peu « dans tous les sens »

 

Un défaut plus subtil :

 

-  référer chaque proposition à un document (par un renvoi entre parenthèses à un numéro de document), en sélectionnant une série de propositions allant dans le même sens, ce qui construit en fait un monologue du synthétiseur[1])

 

il faut être plus explicite et essayer d’adopter un point de vue DIALOGAL (donc non monologal)

 

Le plan

 

Pas de plan énumératif / chronologique :

« Après une grande euphorie pour ce nouveau média, une prudence s’impose face aux dangers qui apparaissent, des garde-fous sont à poser »…

Le « après » induit ici une lecture chronologique narrative. A éviter.

 

Eviter les plans trop binaires même si trois parties en apparence (par exemple  faire  deux parties qui se répètent un peu et une troisième autour de « ce qu’il faut faire »)

Préférer un plan en trois parties avec une phase de recul théorique où on essaye de classer et de hiérarchiser les concepts qui sont en jeu. Voir le corrigé.

 

L’oubli du caractère professionnel de l’épreuve.

 

Il convient toujours d’axer la dernière partie sur des enjeux professionnels, surtout si un (voire plusieurs documents) y conduisent et c’était ici le cas.

 

2.                       Les aspects formels

 

Eviter toute marque de l’énonciation à la première  personne, notamment le « nous »

 

-  pas de « nous allons »

-  pas de « comme nous l’avons vu précédemment »

-  « car nous savons qu’actuellement les jeunes s’informent majoritairement par la télévision » (à analyser : ici par ce « nous », l’information spécifique contenue dans le document devient un « lieu commun » donc une non information)

 

Eviter tout effet de mise en page, y compris les capitales et les tirets

 

Citer avec précision les références, mais sans exhaustivité inutile, mais en montrant qu’on sait ce qu’on doit savoir

 

Ex : le CLEMI sigle connu, mais dans le corps de la note, je peux reprendre : « ce centre qui fédère presse et enseignement  »… (voir le site du www.clemi.org)

 



[1] Ce terme jargonnant désigne l’auteur de la synthèse, mais en dehors de toute considération personnelle : c’est une pure fonction ; on pourrait dire aussi « scripteur »