aineresse

pages personnelles de Jean-Marc Muller

 

 

 

L'âme de la jeunesse américaine - cimetière d'Omaha Beach - photo JMM

 

 

Pourquoi le petit John ne sait-il pas lire ?

 

 1961 : une date bien antérieure aux grands bouleversements qui ont affecté, notamment par sa massification, le système éducatif français. Le prolongement de la scolarité à 16 ans venait à peine d’être décidé. Le décret Haby instituant le collège unique n’allait entrer en vigueur que 15 ans plus tard, en 1976. C’est l’année où je suis entré en sixième et à cette période remontent mes premiers souvenirs des « actualités ». Le Mur de Berlin était en construction. L’année d’avant, Albert Camus quittait tragiquement la scène intellectuelle dans un accident de voiture. A Alger, le putsch des généraux marquait la fin de la colonisation. L’Eglise catholique romaine avec le concile Vatican II entrait dans la modernité de « Gaudium et Spes », avant mai 1968, que nul ne prévoyait. Le 6 juin 1944 était déjà une date historique, mais sans doute émotionnellement présente (1991, à notre échelle historique), et les survivants des camps nazis, trentenaires, s’acharnaient à oublier l’horreur dans l’euphorie des trente glorieuses. C’est dans ce contexte que la philosophe juive Annah Arendt publie un article d’une trentaine de pages sur le thème de la crise dans l’éducation, et sa relecture en 2008 stimule l’esprit en cette période de rentrée. D’abord parce qu’elle nous aide à penser ce concept de crise (depuis quand au fait y sommes-nous ?). Crise qui, dès 1961, était autrement plus préoccupante que « l’épineuse question de savoir pourquoi le petit John ne sait pas lire ». Une crise est caractérisée, selon Arendt, par l’écroulement des certitudes, ce qui est salutaire. On s’aperçoit alors que ces dernières, faussement évidentes, n’étaient que des réponses à des questions, que la crise justement nous permet de retrouver : « une crise ne devient catastrophique que si nous y répondons par des idées toutes faites, c’est-à-dire par des préjugés ». Lire la suite.

 

 

 

 

Bonne rentrée !

 

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