TRAGIQUE ÉVASION DE FORÇATS EN AMÉRIQUE

 

OKLAHOMA, 20 JANVIER.

Trois forçats se sont évadés ce matin de la prison de Mac-Alester, dans les circonstances suivantes.

Ayant pu se procurer des revolvers, ils prirent de force les clés d’un geôlier et se précipitèrent hors de leurs cellules en tirant sur les gardiens dont quatre furent tués.

Les forçats s’emparèrent d’une jeune fille employée comme sténographe dans la prison et réussirent à se protéger en la maintenant entre eux et les personnes qui les poursuivaient. La jeune fille fut blessée d’un coup de feu tiré par un des gardiens.

Devant la porte de la prison, les forçats montèrent dans une voiture qui les attendait et qui partit à toute vitesse pendant que les gardiens déchargeaient leurs revolvers en direction des fugitifs.

Quelques gardiens sautèrent à cheval et se lancèrent à la poursuite des forçats. Des deux côtés des coups de feu furent échangés.

Une balle ayant frappé à mort le cheval qui emportait la voiture, les gardiens purent s’approcher et trouvèrent les forçats morts, le corps criblé de balles.

M.Thomas, ancien membre du Congrès, comme représentant de l’Illinois, qui visitait la prison, a été tué par les forçats au moment où ceux-ci prenaient la fuite.

 

Reproduction de l’article paru  dans Paris-Midi, n°1082, du mercredi 21 janvier 1914, p.4. Cendrars s’est servi de cette information de « dernière heure » pour écrire son dixième « poème élastique ».

Source : Pour lire le poème, de J-M. Adam, De Boek-Duculot, 1986. L’auteur s’appuie sur les travaux de J-Pierre Goldenstein.

 

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