Outil à tester

 

 

Des textes fabriqués soi-même pour l’observation réfléchie de la langue…

 

contexte : complément à la fiche didactique observation réfléchie de la langue – pe2f / novembre 2006

 

Au lieu de papillonner dans divers ouvrages ou surfer sur la Toile (et d’y perdre un temps fou), il vaut parfois mieux fabriquer soi-même de petits textes supports pour les activités d’observation réfléchie.

Attention : il faut que l’orthographe et la syntaxe soient impeccables. Visez une grande simplicité. Certaines répétitions sont voulues. Par opposition aux « textes authentiques » proposés le plus souvent dans les manuels, ce sont là des « textes didactisés ».

 

En voici deux :

 

Texte A

 

Hier, les garçons ont joué au foot. Ils ont gagné un match très serré. Ils sont rentrés au village contents mais  fatigués. Ils ont été félicités par papa. Puis papa leur a préparé un bon bol de chocolat chaud , avec des manalas achetés chez le boulanger.

 

Texte B

 

Hier, les filles ont fait une course en bicyclette. Elles ont gagné contre la montre. Elles sont rentrées à la maison contentes mais fatiguées. Elles ont été félicitées par maman. Puis maman leur a préparé un bonne tasse de tisane chaude, avec des biscottes beurrées achetées à la boulangerie chez la boulangère.

 

Comment guider une observation efficace ?

 

De la posture langagière à la posture métalinguistique… L’idée, c’est d’abord de proposer deux textes, et non pas un seul, afin d’induire une comparaison qui portera plus spontanément sur les mots que sur le contenu. Or c’est ce qu’on cherche. De plus, ces deux textes se ressemblent. La verbalisation des différences devrait amener assez vite les élèves à évoquer l’opposition des genres (des garçons et des filles), puis le « genre » au sens grammatical (et alors la posture métalinguistique est atteinte), puis, dans la foulée, les « accords » en genre et en nombre…

C’est à tester.

 

Comment pourrait-on procéder ?

 

Variante 1

 

Consigne : comparez les deux textes : qu’est-ce qui change ?

 

Le travail devrait permettre des classements successifs, qui amèneront progressivement les élèves d’une attention portée sur l’histoire à une attention portée sur les formes.

 

Classement 1 :

Dans le texte A, seulement des personnages masculins : des garçons, un papa, le boulanger.

Dans le texte B, seulement des personnages féminins : des filles, un maman, une boulangère.

 

Classement 2 :

Dans le texte A, seulement des noms masculins : les garçons, un match, le village, papa, un bol, du chocolat, des manalas, le boulanger

Dans le texte B, seulement des noms féminins : les filles, une course, bicyclette, la montre, la maison, maman, tasse, chaude, biscottes, la boulangère

 

Classement 3 :

Dans le texte B, des mots changent parce que ce sont des filles :

rentrées, fatiguées, félicitées, bonne, chaude, beurrées, achetées

 

Classement 4 :

Dans les mots du classement 3, on entend / on n’entend pas la différence.

 

Le rôle du maître est essentiel. Il fait avancer la recherche en valorisant les réponses pertinentes et utiles dans le cadre de la recherche. C’est lui qui écrit au tableau sous la dictée des élèves les mots retenus, en les rangeant tout de suite en colonnes distinctes.

 

Variante 2

 

Avec le traitement de texte, vous pouvez proposer aux enfants un texte B caviardé, amusant, qui devrait les amener plus vite à la posture métalinguistique :

 

Hier, les filles ont fait un course en bicyclette. Ils ont gagné contre le montre. Ils sont rentrés au maison contents mais fatigués. Ils ont été félicités par maman. Puis maman leur a préparé un bon tasse de tisane chaud, avec des biscottes beurrés achetés au boulangerie chez le boulangère.[1]

 

Consigne : trouvez ce qui cloche dans ce texte et corrigez

 

Par oral, ils rétablissent les formes justes, que vous écrivez au tableau. C’est l’analyse des différences qui mènera les enfants vers la prise de conscience des régularités.

 

Variante 3

 

Plutôt que la comparaison de deux textes, vous pouvez engager les enfants tout de suite dans la production.

Vous ne leur donnez alors que le texte A. Dans ce cas il faudra tout de même  qu’ils aient trouvé que dans ce texte, il n’y a que des masculins.

 

Consigne : à votre tour fabriquez un texte B, où il n’y aura que des féminins.

 

Cette variante peut être intéressante. Vous aurez vite beaucoup de phrases, si les enfants sont nombreux. C’est vous qui les transcrirez au tableau en dictée à l’adulte. Et c’est en transcrivant les graphies justes que vous pourrez tout de suite faire réfléchir les élèves sur le système des accords.

 

Si vous avez d’autres idées, écrivez-moi.



[1] A titre d’informatin, Yak Rivais écrit sur cette base toute une petite histoire, dans Les sorcières sont NRV (Neuf de l’Ecole des loisirs). C’est la première histoire du recueil.