Qui est Roland Barthes ?

 

Né en 1915, mort en 1980, quelques jours avant J-Paul Sartre.

 

Barthes est l’un des plus importants critiques littéraires du XX° siècle, et sans doute le plus incontournable : son œuvre coïncide avec l’irruption de la linguistique et des sciences humaines dans le monde des Belles Lettres, considérées auparavant plutôt comme un champ clos.

Aussi, davantage que comme un spécialiste de la Littérature, Roland Barthes peut-il être défini comme un « sémiologue », un déchiffreur de « signes », tous les signes à l’œuvre dans le social. Leradical « sem-«  vient du grec, et veut dire « signe ».

 

Lorsqu’aujourd’hui, travaillant sur l’apprentissage de la lecture, nous considérons, avec Chauveau que la culture est « bipolaire », intégrant non seulement les textes littéraires du patrimoine, mais aussi les écrits plus éphémères, comme les articles de presse, c’est en partie aux travaux de Barthes que nous le devons.

Son recueil Mythologies, paru en 1957, mais toujours réédité, est dans l’orbite de la pensée de Saussure, et de sa fameuse théorie linguistique du signe.  Par la suite, Barthes, sur un long chemin qui le mènera à la reconnaissance officielle (il deviendra professeur au Collège de France), consacrera à d’autres objets sa théorie sémiologique, et ses textes sont non seulement des avancées scientifiques (et pour cela objets d’âpres discussions), mais des merveilles de style. Barthes accomplit ce tour de force rare, d’être à la fois un théoricien et un écrivain. Relisez de ce point de vue son iconographie de l’Abbé Pierre !

Tous les étudiants en lettres connaissent au moins des extraits de son ouvrage Le degré zéro de l’écriture, tentative brillante pour écrire une nouvelle histoire du langage littéraire.

 

Mais il s’intéresse aussi à la mode (Le système de la mode) et au langage des amoureux (Fragments d’un discours amoureux). Et son dernier ouvrage, avant sa mort accidentelle, est consacré à la photo (La chambre claire, notes sur la photographie).

 

Les textes de Roland Barthes sont rassemblés dans une monumentale édition complète de 5000 pages, établie  par Etienne Marty, parue en 1993.